Dans un paysage numérique en constante évolution, les PME wallonnes naviguent souvent à vue. Amadéo David, Directeur d’ITSquared, nous livre son analyse sur les défis du secteur. Entre risques liés à la cybersécurité, impératif de souveraineté des données et importance primordiale du facteur humain, il prône une approche structurée pour transformer l’informatique, d’un centre de coûts en un véritable investissement de long terme.

Amadéo David
DIRECTEUR D’ITSQUARED
Le syndrome de l’empilement informatique
Pour Amadéo David, le constat est souvent le même lorsqu’il pousse la porte d’une nouvelle entreprise : « L’informatique s’y est construite de manière organique, au gré des besoins immédiats, sans plan d’ensemble. Les couches s’amoncellent les unes sur les autres sans réelle stratégie globale. » Conséquences majeures : un éparpillement des données entre de multiples outils et une absence quasi totale de documentation. « On se retrouve souvent avec des entreprises qui ne connaissent pas ou plus leurs accès administrateurs ou ignorent si leurs sauvegardes sont réellement opérationnelles. »
Selon l’expert en gestion informatique, la résistance au changement est également un défi. « Si les petites entreprises sont principalement freinées par l’aspect financier et l’incertitude sur les montants à investir pour être efficaces, les structures plus grandes font face à un défi humain. Il faut former le personnel, s’assurer qu’il s’approprie les nouveaux outils et qu’il ne revienne pas aux vieilles habitudes dès la première difficulté. »
Cybersécurité et souveraineté : les deux points d’attention
Pour notre interlocuteur, la cybersécurité reste le parent pauvre de la gestion IT. « Avec l’émergence de l’intelligence artificielle, les attaques deviennent plus personnalisées et moins coûteuses à grande échelle, plaçant les PME en première ligne. Une entreprise sur deux ferme ses portes dans les 18 mois suivant une cyberattaque majeure. »
Il compare dès lors l’investissement en sécurité à une assurance : « On la paye en espérant ne jamais s’en servir, mais le jour où l’on est hacké, on est soulagé de l’avoir. » Au-delà des solutions techniques, il insiste aussi sur des mesures simples mais cruciales : la rotation des mots de passe, la double authentification (MFA) et une gestion stricte des droits d’accès.
Autre challenge : si les solutions SaaS (Software as a Service) comme Office 365 offrent une grande flexibilité, elles posent la question de la souveraineté. « Les dirigeants commencent à se demander où sont leurs données et ce qui se passerait si leur accès était coupé du jour au lendemain », note le directeur d’ITSquared. « L’enjeu est de limiter la dépendance à un acteur unique et de garantir la réversibilité des données. Il ne s’agit pas d’éviter le Cloud, mais de s’assurer de pouvoir exporter ses informations si l’on souhaite changer de fournisseur. »
L’informatique s’y est construite de manière organique, au gré des besoins immédiats, sans plan d’ensemble.
L’humain au centre du support
L’approche d’ITSquared commence systématiquement par un état des lieux complet. « Notre objectif n’est pas de vendre la solution la plus onéreuse, mais la plus adaptée. Quel que soit le cas, ce doit être une solution robuste, évolutive et respectueuse du budget de la PME. »
Ensuite, il s’agit de briser la peur que peut inspirer l’informatique. À cette fin, ITSquared, qui se positionne comme un « directeur informatique externalisé », mise sur une relation de proximité et de confiance. « Contrairement aux grandes plateformes de support anonymes, chaque client dispose chez nous d’une personne de référence. On appelle Romain ou Amadéo et non une boîte d’informatique qui vous laisse dans une longue file d’attente. »
En guise de conclusion, Amadéo David insiste une fois encore sur l’indépendance de ses clients : « Nous voulons qu’ils restent propriétaires de leurs outils et qu’ils conservent leurs accès administrateurs. S’ils décident de changer de prestataire, ils doivent pouvoir le faire en toute liberté. »