Dans le domaine de la construction, la tendance n’est plus à la table rase. Il est à la métamorphose. Transformer un hôpital des années 1960 en campus universitaire ou une ancienne banque en faculté exige toutefois une expertise pointue en stabilité. François-Xavier Noé, Administrateur délégué du bureau Fally & Associés, nous dévoile les coulisses de ces chantiers complexes.

François-Xavier Noé
ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ DU BUREAU FALLY & ASSOCIÉS
« Le rôle du bureau d’études de stabilité est crucial », insiste d’emblée François-Xavier Noé. « Il donne au projet sa colonne vertébrale. En collaboration étroite avec les architectes, nos ingénieurs définissent les éléments porteurs et maximisent la réutilisation des structures existantes. Le défi est de taille. »
Il est vrai que les normes actuelles sont souvent en décalage total avec la réalité des bâtiments anciens. « Si l’on appliquait strictement les règles d’aujourd’hui à des édifices construits il y a 60 ou 70 ans, ils ne tiendraient pas sur papier. Pourtant, ils sont debout depuis des décennies », s’amuse notre interlocuteur. Pour résoudre ce paradoxe, le bureau doit faire preuve d’intelligence constructive et sortir des sentiers battus pour concilier sécurité réglementaire et conservation du patrimoine.
Si l’on appliquait strictement les règles d’aujourd’hui à des édifices construits il y a 60 ou 70 ans, ils ne tiendraient pas sur papier. Pourtant, ils sont debout depuis des décennies.
Réactivité et pragmatisme face à l’imprévu
Travailler sur de la rénovation implique une part d’incertitude majeure. Idéalement, une structure devrait être mise à nu avant toute étude, mais les impératifs de planning forcent souvent les ingénieurs à travailler « à l’aveugle » sur la base de plans d’époque, parfois imprécis. « C’est lors de la phase de démolition que la réalité du terrain se révèle. Notre force est de pouvoir réagir très vite dès que des découvertes de chantier surviennent. » Avec une équipe d’une quinzaine de personnes et l’expérience de son fondateur, Bruno Fally, le bureau parvient en effet à valider des solutions techniques en temps réel.
Cette approche est particulièrement visible sur des projets d’envergure comme la rénovation et l’extension d’un site scolaire à Wavre (IPES), la rénovation de la piscine de Farciennes ou encore la rénovation de bâtiments industriels pour la ville de Mons. « Au-delà de l’aspect technique, notre démarche s’inscrit dans une volonté politique et environnementale forte. Conserver le béton existant, c’est économiser des tonnes de CO2, même si le coût de la transformation s’avère parfois supérieur à celui d’une reconstruction neuve », conclut François-Xavier Noé.