Le rythme des rénovations énergétiques des bâtiments doit s’accélérer pour répondre au défi de la décarbonation d’ici 2050, mais pas n’importe comment. Attention aux techniques et aux matériaux utilisés.

Olivier PIERRE
RESPONSABE COMMUNICATION DU CLUSTER ECO-CONSTRUCTION
Ouate de cellulose, fibres de bois, d’herbes ou de chanvre, blocs chaux-chanvre, laine de mouton… Les solutions sont multiples pour isoler les locaux d’habitation ou de travail.
Comme système constructif, le bois a déjà fait ses preuves. En ossatures, en poteaux-poutres, en lamellés croisés ou cloués (CLT) ou en madriers empilés. De nombreuses alternatives aux méthodes conventionnelles existent, produites en Wallonie et, contrairement à une idée reçue, pas forcément plus chères, mais certainement meilleures en termes de confort thermique (y compris l’été), de santé publique et de consommation modérée des ressources. Tout bénéfice pour tous.
Et pourtant, ces techniques et ces matériaux couramment utilisés chez nous et dans de nombreux pays, restent sous-exploités, victimes de méconnaissances et de préjugés liés, par exemple, à la résistance au temps et aux rongeurs, au risque incendie, au coût…
Or les qualités techniques de ces procédés ou de ces éco-matériaux ne sont plus à démontrer. En les privilégiant, nous contribuons à vivre (et travailler) dans des environnements sains, à développer l’économie locale et à décarboner le secteur.
En les privilégiant, nous contribuons à vivre (et travailler) dans des environnements sains, à développer l’économie locale et à décarboner le secteur.
En les privilégiant lors des rénovations, nous évitons les désordres que pourrait provoquer l’encapsulage des logements au moyen de produits isolants synthétiques, en bouleversant les équilibres physico-chimiques des murs construits il y a plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’années.
En les privilégiant, nous contribuons à respecter les sols et le patrimoine, à améliorer le confort thermique et à réduire les factures énergétiques tout en évitant de dénaturer le bâti existant.
En les privilégiant, nous nous engageons au-delà d’une vision restrictive et dépassée de rénovation « énergétique ». Nous considérons plutôt le triptyque rénovation-sobriété-adaptation et nous encourageons la Wallonie à suivre cette voie de la rénovation dite alors « environnementale » telle que la France a initiée il y a déjà une dizaine d’années. Au-delà des consommations d’énergie, ce sont les impacts environnementaux des bâtiments dans leur ensemble qui sont pris en compte. Résultat, c’est tout une économie du biosourcé qui s’y est développée.
Bien sûr, rénover (ou construire) représente un engagement financier important, quels que soient les matériaux et les techniques choisies.
Des choix sont à faire et des pistes sont à explorer pour atténuer les coûts, comme l’auto-rénovation, voire l’auto-rénovation accompagnée par un professionnel. C’est l’objectif des Bât’acc, les Bâtisseurs accueillants, ou des projets wallons Pro & Moi et Reno+, ou des projets européens comme Circular Reno; stimuler la créativité au profit de cette transition nécessaire.