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Future of Industry

La robotique de pointe, levier de la réindustrialisation wallonne

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Sous la houlette du trio Frédéric Sente, Philippe Onderbeke et Axel Soyez, l’entreprise Desimone conçoit des machines spéciales automatisées qui permettent aux industriels de regagner en compétitivité et en souveraineté. Entretien avec Axel Soyez sur les enjeux d’un secteur où l’innovation technologique rencontre les défis économiques de demain.


Axel Soyez

CO-CEO DE DESIMONE

Depuis sa création à Farciennes en 1990, Desimone a parcouru un chemin impressionnant. Initialement spécialisée dans la fabrication de machines sur plan, l’entreprise a pris un virage stratégique majeur il y a 25 ans, lors de son rachat par l’équipe actuelle. En intégrant un bureau d’études et un département robotique, elle est passée du statut de sous-traitant à celui de concepteur-intégrateur de solutions complexes. « Aujourd’hui, notre équipe d’une cinquantaine de collaborateurs intervient très en amont chez nos clients pour automatiser, robotiser et digitaliser leurs procédés de fabrication », explique Axel Soyez.

L’intelligence 4.0 au cœur de la machine

Le savoir-faire de la PME s’illustre particulièrement à travers ses « I/Oc » (Input/Output cells). « Ces cellules intégrées et entièrement digitalisées incarnent l’essence de l’industrie 4.0. Elles combinent robotique, manipulation de pièces, contrôle qualité et traçabilité en un seul flux automatisé », précise le co-CEO. « Une pièce entre, subit un traitement, est contrôlée, puis est dispatchée selon sa conformité. Nous pouvons aller jusqu’à l’automatisation complète d’une usine en connectant ces machines via des robots mobiles autonomes. »

Cette expertise ne se limite pas à un secteur de niche. Si Desimone est historiquement ancrée dans la verrerie, elle déploie aujourd’hui ses solutions dans l’aérospatial, l’électronique de pointe, la défense, le nucléaire ou encore l’agroalimentaire. Pour Axel Soyez, « le produit final importe moins que la maîtrise technologique. Ce qui unit ces secteurs, c’est notre méthodologie. La complexité ne nous effraye pas. »

Aujourd’hui, notre équipe d’une cinquantaine de collaborateurs intervient très en amont chez nos clients pour automatiser, robotiser et digitaliser leurs procédés de fabrication.

Une méthodologie rigoureuse pour une production locale

Le succès de l’entreprise repose aussi sur son accompagnement de A à Z. Tout commence par un avant-projet  ; les ingénieurs analysent les besoins du client pour proposer des recommandations, quitte à adapter le procédé de fabrication initial pour le rendre plus efficace une fois automatisé.

Viennent ensuite les phases de simulation et le fameux « Proof of Concept » (PoC). « Pour les projets complexes, nous développons un prototype de laboratoire afin de valider physiquement que la méthode imaginée fonctionne avant de lancer la fabrication définitive, ici à Farciennes. » Une fois la machine installée et commissionnée, la PME assure le service complet, incluant la maintenance et l’amélioration continue.

Au-delà de l’aspect technique, Axel Soyez porte une vision politique et économique forte  : la réindustrialisation. «  Les crises récentes – Covid, guerre en Ukraine – ont révélé la fragilité des chaînes d’approvisionnement européennes. L’automatisation est la seule réponse viable pour produire localement de manière compétitive », estime-t-il. « Aujourd’hui, pour être performant face à des pays à bas coûts ou à haute technologie comme la Chine, il faut être à la pointe de la robotisation. Ce n’est plus seulement une question d’écart salarial, c’est une question de vitesse technologique. »

Aujourd’hui, pour être performant face à des pays à bas coûts ou à haute technologie comme la Chine, il faut être à la pointe de la robotisation.

L’innovation collaborative comme ADN

L’innovation est le moteur quotidien de la PME. Celle-ci participe à de vastes programmes de recherche et développement tels que le projet Wings (Walloon Innovations for Green Skies). Mais cette quête d’excellence ne se fait pas en vase clos. « Nous entretenons une culture forte du partenariat, notamment avec des pépites technologiques locales comme Rovi-tech pour le contrôle qualité par vision industrielle. Cette approche collaborative permet de proposer des solutions hybrides et innovantes, que nous fabriquons ensuite en série, comme le BIMPRINTER. Ce robot mobile autonome est capable de tracer des plans de bâtiments directement au sol, automatisant ainsi le travail du géomètre. »

Malgré son rayonnement international – ses équipes installent actuellement des machines en Indonésie et en Inde -, Desimone reste profondément attachée à son ancrage local. « En Wallonie, nous avons un réseau de PME technologiques exceptionnel. Travailler avec des partenaires situés à proximité nous permet de sortir des merveilles technologiques », conclut Axel Soyez.

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