Face à la multiplication des obligations en matière de bien-être au travail et de réintégration des travailleurs absents de longue durée, les entreprises tentent de s’adapter. Nouvelles législations, retour au travail des personnes qui étaient en incapacités, multiplication des obligations : le Code du bien-être au travail évolue rapidement.

Laurent Docquier
CONSEILLER EN PRÉVENTION NIVEAU 1 ET GÉRANT DE LD-CONSULTING
Sur le terrain, beaucoup d’entreprises peinent toutefois à suivre le rythme. « La première difficulté des PME, est déjà de comprendre la législation et de savoir comment l’appliquer concrètement », explique Laurent Docquier, Conseiller en prévention niveau 1 et gérant de LD-Consulting.
Le spécialiste accompagne des entreprises de tailles très différentes, mais constate que les petites structures disposent rarement des mêmes moyens que les grands groupes. Selon lui, l’enjeu est justement de transformer un cadre juridique souvent complexe en actions concrètes et réalistes. « Il faut réussir à faire la traduction entre le cadre légal et le terrain. Le but n’est pas d’imposer des contraintes impossibles à tenir. »
La première difficulté des PME, est déjà de comprendre la législation et de savoir comment l’appliquer concrètement.
“Il faut garder une approche humaine”
Au-delà des obligations administratives, Laurent Docquier insiste sur l’importance du facteur humain. « Une PME de 80 travailleurs, ce sont presque 100 personnes avec les managers. Il faut comprendre les capacités de chacun, leur manière de fonctionner, ainsi que leurs limites et les accompagner en conséquence. »
Le conseiller en prévention estime d’ailleurs que les récentes réformes liées à la réintégration des travailleurs absents de longue durée peuvent représenter une avancée positive. « Je vois des personnes revenir vers leur entreprise après plusieurs années d’absence et demander une possibilité de réintégration. Ce n’est pas toujours faisable, mais malgré toutes le difficultés que cela implique, cela participe à une humanisation du monde du travail. »
“Les entreprises évoluent beaucoup”
Malgré les craintes liées aux évolutions législatives, Laurent Docquier se veut relativement optimiste. « Je vois énormément de PME évoluer positivement par rapport à il y a dix ou quinze ans. Beaucoup mettent déjà en place des démarches très sérieuses pour un engagement durable et sincère. »
Le consultant estime néanmoins que les autorités devraient davantage écouter le terrain. « Le législateur gagnerait beaucoup à entendre davantage les réalités vécues par les entreprises et les conseillers en prévention, pour rendre la législation à la hauteur de son titre : un vrai BIEN ETRE pour les travailleurs ; pensée par les acteurs qui sont sur le terrain. »