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Transition énergétique

Deux conditions sine qua non pour accélérer la transition énergétique

La transition énergétique en Wallonie doit passer à la vitesse supérieure. Pour cela, il est urgent de baisser le coût de l’électricité et de doter le réseau des moyens de l’électrification suffisamment denses pour assurer les besoins en consommation.

Nous sortons d’un été qui ressemble à un avertissement. Dès la fin juin, une vague de chaleur précoce et intense a balayé la Belgique, suivie de nouveaux pics en août et d’épisodes de sécheresse. Autant de signaux qui rappellent qu’il faut à la fois développer nos mesures d’adaptation et accélérer la transition énergétique.

Car chaque jour perdu à ne pas y travailler accroît la pression sur l’ensemble de nos systèmes. La transition ne réussira pas contre les entreprises, mais avec elles : sa durabilité dépend de leur compétitivité. Deux difficultés persistent pour nos entreprises wallonnes, le coût de l’énergie et son accessibilité. Ce sont les deux conditions concrètes pour rendre la transition possible, puis l’accélérer.

La première tient au prix. En Belgique, et en Wallonie en particulier, l’électricité coûte trop cher, et plus cher que chez nos voisins : un site industriel wallon paie aujourd’hui son électricité jusqu’à près du double de ce que paie un site français. Un tel écart pèse directement sur la décision d’investir, donc sur l’emploi. La seule réponse durable est de gagner en souveraineté énergétique : réduire notre dépendance aux énergies fossiles, à travers tous les secteurs. Les entreprises wallonnes sont déjà engagées dans cette voie, notamment à travers les conventions carbone, accords qui incitent à remplacer les combustibles fossiles et à recourir davantage aux énergies renouvelables, réduisant d’autant notre dépendance. Les pouvoirs publics doivent aussi assumer leur rôle et prendre les décisions essentielles qui s’imposent : accélérer l’intégration des énergies renouvelables en raccourcissant les procédures de permis, garantir aux producteurs la visibilité d’un revenu stable sans en reporter le coût sur les consommateurs, et soutenir les entreprises dans l’électrification et la décarbonation de leurs procédés au moyen de dispositifs qui sécurisent leur compétitivité.

La seconde difficulté tient à l’accessibilité. L’électrification est la voie la plus évidente pour sortir des énergies fossiles. Mais elle se heurte aujourd’hui aux faiblesses de notre réseau. Le réseau électrique wallon est en voie de saturation : sans renforcement, il ne pourra ni raccorder les nouvelles capacités renouvelables, ni absorber la hausse de consommation qu’implique l’électrification de nos entreprises. La Boucle du Hainaut, cette nouvelle ligne à haute tension portée par Elia, constitue une partie de la réponse. Pour AKT, il faut une décision rapide et un processus capable d’apporter des réponses justes aux communes concernées, plutôt qu’un enlisement qui pénaliserait toute la Région.

Baisser le coût de l’énergie et rendre le réseau capable de porter l’électrification : ces deux demandes n’ont rien d’abstrait. Elles conditionnent la pérennité de nos entreprises et, avec elle, la prospérité de toute une Région. L’été qui s’achève nous rappelle le prix de l’attente.

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