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Le dynamisme de l’entrepreneuriat face à ses défis

En Belgique, l’entrepreneuriat attire de plus en plus de monde. Côté pile, de récentes mesures gouvernementales, le dynamisme des écosystèmes et les diverses formules d’accompagnement encouragent les candidats-entrepreneurs dans cette voie. Côté face, de nombreux écueils comme les lourdeurs administratives et les problèmes de mobilité ne leur facilitent guère la vie.

Le 20 février dernier, Mediaplanet a réuni 5 experts lors d’une table ronde pour faire le point sur ces questions.

Texte : Philippe Van Lil – photos : Kris Van Exel

Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’entreprenariat ?

Laure Uytdenhoef : « Notre société a bénéficié de l’aide d’une grande banque. Celle-ci met une plateforme à disposition des starters porteurs d’une idée innovante. Ce genre d’aide se multiplie de plus en plus ces dernières années, ce qui est une bonne chose. Toutefois, la création de l’entreprise est toujours soumise, voire freinée, par la lourdeur des démarches administratives comme les demandes de subsides. C’est à un point que par manque de temps, certains préfèrent ne pas se lancer ou ne pas solliciter d’aides financières ou autres. »

Thierry Nollet : « Les améliorations apportées par l’actuel gouvernement au statut de l’indépendant et la précarité qui s’installe d’une manière importante à Bruxelles amènent bon nombre de Bruxellois à lancer leur propre activité. »

« Malheureusement, le taux d’échec avoisine les 90 % au final. Soucieux d’exercer notre mission sociétale auprès de milliers d’indépendants et de starters, nous avons lourdement investi dans des outils de guidance afin de pérenniser les projets de nos clients. »

« Nous basons toute notre action sur la construction d’offres packagées qui répondent aux premiers besoins d’un indépendant qui souhaite lancer son activité. L’idée est de pouvoir leur offrir, sur la base d’une logique de mutualisation et à un prix maîtrisé, les outils nécessaires à la bonne réalisation et à l’expansion des projets. »

Virginie Robe : « Bruxelles jouit en effet d’un réel dynamisme en termes d’entreprenariat. De plus en plus de personnes souhaitent lancer leur propre entreprise, avec la volonté d’être réellement utiles, d’avoir un impact direct et un rôle actif. Il est vrai que lorsqu’on évolue dans une grande entreprise, on peut avoir parfois l’impression ne pas se sentir aussi utile. »

« Un incubateur peut fournir les leviers nécessaires pour passer à l’action, que ce soit pour le côté pratique ou dans la recherche de ressources. En Région bruxelloise, il existe beaucoup d’aides pour ceux qui désirent se lancer comme entrepreneurs. »





« Le rôle d’incubateur est aussi de fournir les leviers nécessaires pour passer à l’action, pour le côté pratique ou dans la recherche de ressources. »

Virginie Robe
Project Manager
Start.LAB

Jean-Marc Bernard : « Je remarque également le dynamisme croissant de personnes qui ont envie de se lancer comme entrepreneurs. Elles ont à leur disposition une multitude de possibilités d’accompagnement et de financement. Il y en a cependant tellement que parfois, l’entrepreneur  peut se sentir perdu face à la multitude d’acteurs et d’intervenants. »

Virginie Robe : « L’entrepreneuriat est un choix de carrière parmi d’autres et chaque entrepreneur a un parcours qui lui est propre. Certains se lancent comme indépendants complémentaires, d’autres lancent une start-up avec un potentiel de croissance élevé. »

« De plus en plus de jeunes décident également se lancer pendant leurs études ou juste après leur remise de diplôme. Bruxelles est la plus grande ville étudiante de Belgique et regorge de talents désireux de mettre en valeur leurs compétences, tout en ayant un impact réel sur la société. Dans tous les cas, la Région de Bruxellois-Capitale a des solutions d’accompagnement et de financement à leur proposer, tant au niveau privé que publique. Mais elle a surtout une proximité avec les grands pôles européens, qui en font un centre d’entrepreneuriat dynamique et attrayant. »

David Favest : « Pour faire bouger les choses, il faudrait de vastes projets aux niveaux fédéral et régional. C’est ici la grande différence entre les pays nordiques, l’Estonie et la Belgique : les premiers capitalisent sur des écosystèmes et de grands projets en fédérant les entreprises autour de ceux-ci. Chez nous, on manque de grands thèmes et projets sur lesquels créer un monde de startups. Le durable et la mobilité pourraient par exemple générer bien plus de projets innovants. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a effectivement des incubateurs supportés par de grandes entreprises nationales et qu’ils commencent à générer de la richesse. »

En matière de mobilité, quelles solutions préconisez-vous pour attirer les entrepreneurs ?

Thierry Nollet : « On constate une fâcheuse tendance à vouloir faire supporter aux entreprises les conséquences d’une politique carencée en matière de mobilité. Il est regrettable que la Région de Bruxelles ne se soit toujours pas inscrite dans une approche globale de la mobilité, même si, à sa décharge, il reste difficile de trouver des accords cohérents entre les entités fédérales et fédérées. »





« En cette période de croissance, toute décision doit pouvoir être mesurée et très certainement lorsqu’il s’agit d’envisager un recrutement. »

Thierry Nollet
Director External Relations & Legal Services
Group S

David Favest : « En Belgique, mettre quatre entités – trois Régions et le fédéral – autour de la table pour se mettre d’accord, c’est très compliqué ! Cela étant, il ne faut pas se voiler la face : toutes les solutions techniques existent pour améliorer la mobilité, notamment à Bruxelles. La solution de base est le projet de Bruxelles Mobilité, réalisé en collaboration avec la STIB. Il s’agit d’un MaaS – Mobility as a Service – sur lequel des entreprises privées expérimentées, comme Touring, peuvent se greffer pour mettre à disposition des solutions de mobilité. Si on laisse un peu de temps à ce projet, il créera réellement une révolution. »

Laure Uytdenhoef : « Notre entreprise a délibérément choisi de ne pas s’installer à Bruxelles car notre équipe ne le voulait pas… au point de vouloir démissionner si c’était le cas ! Ne voulant pas perdre nos collaborateurs – des profils très recherchés -, nous avons installé nos bureaux à La Hulpe. Côté pile, c’est situé à environ 20 minutes en voiture de leur domicile. Côté face, c’est difficilement accessible en transports en commun. Plus globalement, il faut que les mentalités évoluent encore : chacun reste encore psychologiquement attaché à posséder une voiture de société. Si l’on ne propose pas de voiture dans les packages salariaux, même aux très jeunes employés sortant de l’université, ils refusent de travailler pour nous ! »

David Favest : « C’est tout de même impressionnant de constater que la Belgique est l’un des rares pays où la mobilité et ses difficultés interviennent à un niveau aussi élevé dans la décision de créer ou non une entreprise à un endroit donné, sur un aussi petit territoire. Malheureusement aussi, la voiture, qu’on l’aime ou non, reste aujourd’hui en Belgique le meilleur moyen de faire du ‘porte-à-porte’. »

Jean-Marc Bernard : « La voiture est effectivement incontournable. Toutefois, les comportements commencent à changer : le covoiturage et les solutions de mobilité multimodale – voiture, train, bus, etc. – se développent. Un bémol : cela se fait encore très lentement ! D’une part, car ces solutions sont encore trop peu connues. D’autre part, car les démarches administratives ne sont pas simples pour les entrepreneurs ; la cohérence fiscale des différents modes de communication ne facilite pas forcément la vie ni des entreprises ni des fournisseurs de solutions. »

David Favest : « C’est là que le nouveau budget mobilité introduit en mars 2019 est très intéressant. Tout d’abord, il a introduit une foule d’alternatives, en plus de la seule voiture, qui seront plus ‘durables’ à termes. Ensuite, il est totalement défiscalisé. Mais il faut en effet pouvoir faire la publicité de cet accord encore largement méconnu à l’heure actuelle. »

Thierry Nollet : « Notre niveau d’intervention au sein des entreprises vise principalement à la mise en place de nouveaux schémas d’organisation du travail limitant les éléments de contrainte en matière de mobilité. Dans les secteurs qui ont les moyens de se reposer sur des technologies nouvelles, des solutions en matière de flexibilité sont facilement accessibles. Sans empiéter sur les prérogatives de Bruxelles-Mobilité, nous pouvons également soutenir nos clients dans l’implémentation d’un Plan de déplacement d’entreprise et assurer la formation sur les étapes qui interviennent dans ce processus. »

Autre problème épineux pour les entrepreneurs : la recherche d’un personnel qualifié. De quelles aides peuvent-ils disposer ?

Virginie Robe : « La Belgique a mis en place des aides simples et efficaces, notamment en vue celles permettant aux entrepreneurs de diminuer les coûts inhérents au personnel. Il y a entre autres la réduction des charges sociales pour la première personne engagée. Pour le reste, tous les entrepreneurs, chez nous comme ailleurs, font face à un problème similaire : recruter et manager les talents est la partie la plus difficile dans une entreprise. Nous incitons les entrepreneurs à se focaliser rapidement sur leur culture d’entreprise, afin d’engager de manière plus justes et en accord avec les valeurs de l’entreprise dès la première embauche. »

Jean-Marc Bernard : « C’est en effet la culture d’entreprise qui fait que les collaborateurs – en particulier les jeunes – ont envie de venir travailler chez un employeur. Il faut qu’ils s’amusent, qu’ils se retrouvent dans l’objet social de la société, que cela fasse sens pour eux. En conséquence, l’entrepreneur doit adopter une politique RH et un style de management convenant à la fois à lui-même et à ses collaborateurs. »

Virginie Robe : « Dans les petites structures qui se lancent, on est aujourd’hui face à des managements bien plus horizontaux et bien moins traditionnels que les grands groupes. Cela induit des conséquences en termes de partage des responsabilités, de formation des personnes recrutées, etc. Dès le départ aussi, l’entrepreneur peut mettre en place des moyens d’attirer des talents, par exemple en les intéressant au capital de la société. À toutes ces questions, il peut décider soit d’y répondre en interne, soit en faisant appel à des prestataires externes. »

Laure Uytdenhoef : « Très vite, il faut se poser la question ‘mission-vision-valeurs’, c’est-à-dire déterminer comment et avec quel style d’équipe on veut travailler. C’est fondamental si on veut attirer des talents. On peut par exemple leur offrir une structure de travail transversale et très participative, un travail d’équipe autours de projets ou produits communs, un environnement de travail au milieu de la nature, une ambiance de travail détendue, etc. Ceci vient compenser le fait qu’un entrepreneur peut en général difficilement offrir des salaires mirobolants lorsqu’il se lance. De plus, les jeunes diplômés dans certaines filières spécifiques, comme les Data Scientists, n’ont que l’embarras du choix sur le marché de l’emploi ! »





« La création de l’entreprise peut se voir freinée par la lourdeur des démarches administratives comme les demandes de subsides. »

Laure Uytdenhoef
CEO
Piximate

David Favest : « Depuis quelques années, des écosystèmes ouverts permettent des échanges entre de grandes entreprises et des startups ayant des idées visionnaires. Les startups bénéficient ainsi de moyens supplémentaires pour grandir, tandis que les grandes structures investissent dans de plus petites qui pourraient même devenir plus grandes qu’elles dans le futur… Dans le même ordre d’idée, de très grands groupes commencent à développer leur propre hub. Ces grands groupes et entreprises apportent une gouvernance et une aide administrative aux petites structures tout en respectant leur mode agile. Enfin, d’autres types de communication et de partenariats se développent également de plus en plus entre les porteurs de projets et les universités et hautes écoles. »

Laure Uytdenhoef : « De belles initiatives se développent en effet. Dans le numérique, par exemple, des projets comme MolenGeek ou BeCode permettent à des personnes sans emploi d’être très vite formées à un métier valorisant et menant directement à l’emploi. Ceci offre aux entreprises une main-d’œuvre qualifiée difficilement trouvable ailleurs. »

Thierry Nollet : « En cette période de croissance, toute décision doit pouvoir être mesurée et très certainement lorsqu’il s’agit d’envisager un recrutement. L’une de nos missions de base auprès de nos clients starters est de les aider à accéder à l’un ou l’autre subside et de les conseiller sur la question des aides à l’emploi. Une fois cette analyse réalisée, nous disposons d’un département Sélection et Recrutement qui peut se reposer sur des outils de screening qui réduisent conséquemment le risque d’erreur. L’on sait très bien ici qu’un recrutement raté n’est pas sans conséquence sur le plan économique pour la jeune startup ou la scale-up. »

Laure Uytdenhoef : « Il existe effectivement de plus en plus de moyens de trouver la bonne personne pour constituer une bonne équipe. Malheureusement, le coût élevé de l’emploi reste une réalité. Le fondateur d’une société peut évidemment décider de se payer moins lui-même mais ce n’est pas toujours possible. Le point positif, c’est la quantité d’aides et de subsides à l’emploi qui existent en Wallonie. Si l’on a le courage et le temps de le faire, cela en vaut la peine ! »

Par manque de temps, un jeune entrepreneur a parfois tendance à négliger certains aspects. Exemple : la protection contre une série de risques. Dans quelle mesure doit-il souscrire à des assurances ?

Virginie Robe : « L’entrepreneur est par définition quelqu’un qui prend des risques. Mais il est important que ceux-ci soient mesurés. En tant qu’incubateur, nous veillons à ce que l’entrepreneur puisse régulièrement prendre de la hauteur par rapport à son business ; nous l’aidons à bien évaluer ses prises de risque, à bien s’entourer et à répondre aux risques spécifiques à sa start-up. »

Jean-Marc Bernard : « La prise d’assurances n’est pas une préoccupation très ‘sexy’ des entrepreneurs, quel que soit leur âge. Souvent passionnés et ayant le ‘nez dans le guidon’, ils ne pensent que peu aux subsides et assurances. Cependant, il faut se poser les bonnes questions et analyser les risques suffisamment tôt. »

« La question n’est pas de savoir si on est bien ou mal assuré mais plutôt d’identifier les risques existants et sa capacité à faire face à leurs conséquences financières et opérationnelles. Par exemple, quid si mon matériel informatique se fait hacker ? Comment puis-je structurer mon patrimoine pour faire face au futur ? Etc. »

« Dans chaque cas, il s’agit d’une analyse des besoins selon le secteur d’activité, la maturité de l’entreprise, l’appétence au risque du dirigeant, etc. C’est du sur-mesure ! Par exemple, souvent, le dirigeant en début de carrière ne s’assure pas pour lui-même via une assurance-décès ou revenu garanti. En revanche, il l’envisage ou devrait l’envisager si son entreprise fait de gros investissements et qu’elle a donc souscrit des crédits ; ainsi, s’il lui arrive un ‘couac’, l’entreprise sera à même de continuer le remboursement de ses investissements. »





« Entreprendre, c’est aussi se poser les bonnes questions, analyser les risques suffisamment tôt et se protéger en conséquence. »

Jean-Marc Bernard
Sales Manager
Wilink

Laure Uytdenhoef : « Pour ma part, j’ai toutes les assurances obligatoires mais pas une de plus ! Pas d’épargne-pension, par exemple. Je concède néanmoins que je n’ai jamais parlé avec personne des assurances et que la question a le mérite d’être soulevée. »

Jean-Marc Bernard : « Il y a effectivement lieu de distinguer les assurances obligatoires de celles qui ne le sont pas. Pour les premières, il n’y a pas à tergiverser, il faut les contracter. Cependant, il faut comprendre comment cela fonctionne. Les principales assurances obligatoires sont l’assurance accidents du travail dès qu’on engage des collaborateurs, la RC auto et la RC objective lorsqu’on a vocation à accueillir du public. »

« Au-delà de cela, certaines professions ont des obligations spécifiques. Puis, en fonction du secteur d’activité, de la maturité du dirigeant, de son appétence au risque, toute une série d’assurances doivent être envisagées. Ici, il y a d’abord les assurances couvrant la responsabilité de l’entreprise – professionnelle ou exploitation, selon qu’on est dans les services ou dans des produits plus matériels -, et l’assurance incendie/vol. »

« Ensuite, il y a une série d’assurances qui émergent aujourd’hui : protection juridique, cyberprotection, etc. Mon propos n’est pas de dire qu’il faut absolument prendre tous ces contrats d’assurance mais plutôt qu’il faut réfléchir et évaluer les risques auxquels l’entrepreneur est soumis et les conséquences que cela engendrerait. »

David Favest : « Souvent, les gens ont tendance à réagir au moment où quelque chose se passe. Toutefois, s’il y a bien un secteur excessivement mature en Belgique et avec encore une belle marge de progression, c’est celui de l’assurance et du bancaire. Les courtiers ont adopté des attitudes très agiles à l’égard des startups et des jeunes entrepreneurs afin de pérenniser leurs activités. »





« En Belgique, la mobilité et ses difficultés interviennent à un niveau très élevé dans la décision de créer ou non une entreprise à un endroit donné. »

Didier Favest
Directeur B2B
Touring

Thierry Nollet : « La protection assurantielle de nos clients fait partie intégrante de notre multiservices. Nous reposant sur un modèle de mutualisation, nous pouvons assurer, pour nos clients, des offres packagées qui répondent objectivement aux réels risques à couvrir et aux spécificités de leurs activités sans que cette couverture ne vienne impacter les éléments de trésorerie. »

« L’ensemble des éléments de couverture sont mis en ligne et accessibles par un simple clic. Au-delà des assurances obligatoires et classiques en branches vie et non-vie, de nouveaux produits sont élaborés afin de faire face à des exigences nouvelles comme la cybersécurité. »

Quels conseils donnez-vous à une personne désireuse de se lancer comme entrepreneur ?

Laure Uytdenhoef : « Le premier conseil est d’être bien entouré. Cela vaut entre autres pour tous les sujets que nous avons abordés au cours de ce débat : les assurances, la mobilité, etc. Lorsque j’ai fondé ma société avec deux amis, nous avions tous les trois des profils très complémentaires. Je n’étais pas la plus expérimentée dans le management et le lancement d’une société. »

« C’était en revanche le cas de mes deux partenaires qui, grâce à leurs expériences précédentes au sein d’autres sociétés, savaient par exemple où aller chercher des subsides et quelles assurances contracter. Aujourd’hui, je songe systématiquement à m’entourer des bonnes personnes qui ont sont en lien avec la société : banquier, assureur, avocat, etc. »

Jean-Marc Bernard : « Il est aussi très important pour l’entrepreneur d’avoir des personnes-ressources qu’il peut appeler pour avoir un service, ou plus simplement des personnes de contact afin de ne pas trop s’enfermer seul dans son entreprise. Cela passe donc par les réseaux et pas seulement professionnels. »

Thierry Nollet : « Des petites idées naissent de grands projets. L’une des clefs de la réussite reste liée à la manière dont la réflexion sera menée dans son ensemble et au choix des partenaires qui entreront dans la guidance du projet. La surmultiplication des intervenants dans le cheminement d’un projet n’est cependant pas une option soutenable. Quelle que soit la nature du projet, il faut faire le recensement des éléments qui interviennent dans la création d’une entreprise et dans son expansion. Pour notre part, nous pouvons mettre à disposition du conseil, de la guidance et des outils qui restent soutenables financièrement. »

Virginie Robe : « Un autre conseil : l’entrepreneur doit savoir très précisément pourquoi il veut se lancer, quelles sont ses motivations profondes. Cela peut se traduire notamment comme suit : quel problème ai-je envie de résoudre ? Une fois ce problème identifié, il faut aller chercher, en soi et à l’extérieur, les ressources pour aider à le résoudre : nos compétences, notre background, nos connaissances… »

« Il s’agit aussi de savoir comment compléter notre équipe, comment construire un écosystème entrepreneurial dont on a besoin et qui nous ressemble, tout en nous challengeant. Par ailleurs, quand on est jeune, il est très important d’avoir des modèles, des personnes auxquelles on peut s’identifier. Enfin, nous conseillons toujours à nos entrepreneurs de parler de ce qu’ils font autour d’eux. »

David Favest : « Quand on se lance comme entrepreneur, il faut toujours garder sa vision et son appétence pour découvrir de nouvelles choses. Mais, à un moment, il faut aussi pouvoir se mentaliser pour mettre quelque chose sur le marché. Souvent, de jeunes entrepreneurs ont de très bonnes idées mais ne s’accrochent pas suffisamment à l’une de celles-ci pour réellement la faire vivre sur le marché et apprendre en pratiquant. Pour cela, je confirme qu’il faut bien se faire entourer, notamment pour structurer l’approche financière. Le networking est essentiel ! »

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