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Emballages industriels : tracer pour mieux recycler

En collaboration avec
Xavier Lhoir Director Materials and Circularity chez Valipac
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Xavier Lhoir Director Materials and Circularity chez Valipac

Qu’ils soient en bois, métal, plastique, papier ou carton, le recyclage des emballages de fournitures trouvent la voie du recyclage. En Belgique, les entreprises sont soumises à des obligations de tri qui varient selon les Régions. Désormais, elles peuvent accéder à des informations sur la destination finale de recyclage de ces matériaux. Objectif : optimiser plus encore la gestion de ces flux.

Le taux de recyclage des déchets d’emballages générés par nos entreprises est relativement élevé. Les résultats varient néanmoins selon les matériaux, en raison des caractéristiques spécifiques des déchets ou des conditions du marché.

Ainsi, le taux de recyclage du bois est de  91  %, car c’est une matière facilement recyclable. Toutefois, nuance Xavier Lhoir, Director Materials and Circularity chez Valipac, « avec la crise énergétique, on a par exemple vu que la production de panneaux agglomérés à partir de bois de palette entrait en concurrence avec des usages à destination de production d’énergie. »

Diversité des plastiques

En revanche, les flux de plastiques sont plus complexes. « En réalité, on a affaire à différents polymères  : des films en polyéthylène, des liens de cerclage en PET ou en polypropylène, des fûts en HDPE, etc. Si les papiers et cartons aboutissent plus ou moins chez les mêmes recycleurs, la situation est différente avec ces plastiques, que les entreprises sont également obligées de trier. Les déchets d’emballages en plastique sont recyclés par un grand nombre de recycleurs dans le monde entier. »

Seuls 30 % des flux de plastique sont directement adressés à des entreprises de recyclage. Le gros du volume transite via des traders.

Qui plus est, il y a la spécificité belge : une entreprise active dans les trois Régions peut être confrontée à trois types d’obligations de tri différentes. «  En général, les entreprises s’alignent sur les règles les plus contraignantes, sans quoi mettre en place des politiques différenciées devient un vrai casse-tête. »

Une autre dimension du recyclage de ces matériaux d’emballage naît de ce qui se passe en aval des entreprises qui génèrent des déchets : les entreprises chargées de leur collecte. La situation diff ère selon les matériaux. Pour le bois par exemple, il existe en Belgique des entreprises de fabrication de panneaux agglomérés qui ont des besoins élevés en matières premières. Une grande partie des déchets est donc réinjectée et valorisée dans cette filière locale.

Des flux mondialisés

Pour les plastiques, en revanche, il en va tout autrement et les questions de conjoncture économique et politique sont un facteur à prendre en considération. Comme le détaille Xavier Lhoir, « en 2021, on traitait 40 % des plastiques dans l’UE, environ 20 % en Turquie et 40 % en Asie. L’année suivante, la part de l’UE est passée à 46 %, avec une baisse de 5 % en Turquie et de 2 % en Asie. Ainsi quelque 25.000 tonnes de déchets d’emballages industriels en plastique d’origine belge ont été recyclés en Europe. Cette année-ci, on risque d’assister à une évolution inverse, du fait qu’en raison de l’évolution des prix des matières premières, les plastiques vierges redeviennent bien moins cher que les recyclés. Certaines unités de recyclage en Europe ont déjà réduit leurs capacités ou même cessé de fonctionner. De plus, le tremblement de terre dans le sud-est de la Turquie a impacté des unités de recyclage locales, à quoi s’ajoute l’instabilité politique liée aux élections qui a mis la livre turque sous pression. »

Valipac a identifié 272 usines de traitement à travers le monde. Depuis deux ans, les conditions de recyclage ont été auditées dans une cinquantaine d’entre elles.

Autre facteur qui influe significativement sur la traçabilité des destinations : seuls 30 % des flux de plastique sont directement adressés à des entreprises de recyclage. Le gros du volume transite en effet via des traders qui, en fonction des conditions de marché, expédient les plastiques vers l’un ou l’autre recycleur.

Audits en cours

Depuis 2018, Valipac développe un nouveau système de traçabilité des flux de plastiques à recycler, avec l’objectif de l’étendre à terme à tous les flux de matériaux. À présent, les collecteurs de déchets affiliés à Valipac peuvent accéder à Insight, une plateforme en ligne qui fournit la traçabilité de 99 % de tous les flux de plastique. « Cela permet à ces entreprises de s’assurer que leurs déchets sont traités en conformité avec la législation », note Xavier Lhoir.

Depuis  2021, Valipac a également développé des procédures d’audit sur les sites de traitement, avec l’aide des sociétés de trading : « Nous collaborons avec une vingtaine d’entre elles. Deux fois par an, elles nous envoient toutes les informations sur la destination finale des volumes qu’elles traitent. Au total, nous avons identifié 272 usines de traitement à travers le monde. Depuis deux ans, nous avons audité, parfois deux fois, les conditions de recyclage dans une cinquantaine d’entre elles. Nous n’avons pas encore terminé, mais nous comptons auditer l’ensemble de ces usines. »

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