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Future of Industry

Le rétrofit industriel, pilier de l’économie circulaire et de la performance

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Dans un contexte marqué par la transition écologique et la recherche de rentabilité, l’obsolescence des machines n’est plus une fatalité. Antoine Dobbels, Directeur général d’ICA, prône le rétrofit : une modernisation stratégique qui permet de booster la productivité, tout en réduisant drastiquement l’empreinte carbone. Rencontre avec un acteur qui réinvente la durabilité industrielle.


Antoine Dobbels

DIRECTEUR GÉNÉRAL D’ICA

Basée à Wavre, la société ICA s’est imposée comme un partenaire clé pour les secteurs de la pharma, de la défense, de l’agroalimentaire et de la construction. Si l’entreprise excelle dans la création de machines spécialisées et la maintenance, c’est son expertise en rétrofit industriel qui attire aujourd’hui tous les regards. Le concept est simple mais puissant : moderniser des équipements existants en remplaçant les composants obsolètes – automates, moteurs, interfaces – par des technologies de pointe.

« Le rétrofit, c’est de l’économie circulaire appliquée à l’outil de production », explique Antoine Dobbels. « Plutôt que jeter une machine de 20 ou 25 ans, nous analysons son potentiel pour prolonger sa durée de vie, la sécuriser et la mettre aux normes européennes. »

Une triple modernisation : mécanique, électrique et logicielle

L’approche d’ICA se décline en trois axes : le rétrofit mécanique remet à neuf la structure et les pièces mobiles  ; le volet électrique modernise les tableaux et capteurs ; le rétrofit software optimise la programmation pour adapter la machine aux besoins de production actuels.

À titre d’exemple, chez Saint-Gobain Abrasives, ICA a rétrofité une presse hydraulique obsolète. Résultat : une machine parfaitement adaptée aux nouveaux produits, avec une cadence de production augmentée. « Nous intervenons sur des machines complexes où notre concept est déjà prouvé. Pour le client, c’est tout bénéfice par rapport à l’achat d’une machine standard dont il faut tout réapprendre », souligne le Directeur général.

Le rétrofit, c’est de l’économie circulaire appliquée à l’outil de production.

Un bouclier écologique aux chiffres vertigineux

Au-delà de la performance technologique, le rétrofit est une arme massive contre le réchauffement climatique. Les données issues des études environnementales, notamment de Polytech Mons, sont sans appel : opter pour le remanufacturing plutôt que pour le neuf permet de réduire les émissions de CO2 de 60 % en moyenne, voire jusqu’à 92 % pour certains équipements.

« En récupérant le châssis et les pièces mécaniques massives, qui sont les plus émettrices de carbone lors de leur fabrication, nous soutenons aussi la filière locale plutôt qu’importer des machines standards de l’autre bout du monde », précise Antoine Dobbels. Les bénéfices ne s’arrêtent pas là : le rétrofit utilise 92 % d’eau en moins, réduit le gaspillage de matériaux d’un facteur 27 et diminue l’usage de minéraux critiques comme le cuivre de plus de 90 %. « C’est une réponse directe aux enjeux à la fois de souveraineté industrielle et de préservation des ressources. »

Une rentabilité immédiate soutenue par la Région wallonne

Pour l’industriel, l’argument financier est tout aussi percutant. « Un rétrofit coûte généralement entre 40 et 60 % du prix d’une machine neuve. De plus, ces projets sont désormais éligibles aux primes à l’investissement en Wallonie, une réforme récente ayant changé la donne », se réjouit notre interlocuteur.

En termes de financement, Antoine Dobbels va d’ailleurs plus loin, travaillant sur des solutions innovantes avec les banques : « Un actif industriel rétrofité garde sa valeur et son efficacité. Pour une banque, c’est un risque moindre, ce qui permet d’envisager des taux d’intérêt plus favorables. C’est un modèle gagnant à tous égards : le client paie moins cher et produit mieux, tandis que la banque finance un projet durable. »

Nos grands-parents réparaient les objets pour qu’ils durent. Nous ne faisons que remettre au goût du jour ce bon sens avec une technologie de pointe.

Maintenir les compétences sur le sol belge

Avec une équipe d’une quinzaine de collaborateurs intégrant tous les métiers – design 3D, électricité, programmation software, etc. -, ICA défend une vision de l’industrie où la compétence reste locale. « En proposant des contrats de maintenance sur 1, 3 ou 5 ans après chaque rétrofit, notre société garantit en outre que l’outil de production continuera de tourner comme au premier jour. »

« Nos grands-parents réparaient les objets pour qu’ils durent. Nous ne faisons que remettre au goût du jour ce bon sens avec une technologie de pointe », conclut Antoine Dobbels. Dans un monde où consommer moins de ressources devient une obligation légale et morale, ICA démontre que l’industrie de demain se construit aussi sur les bases du passé.


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