Dans le secteur de la construction, faire l’impasse sur l’amiante peut s’avérer catastrophique. Philippe-Antoine Remy, Administrateur de Pegase Environnement, rappelle que l’inventaire destructif est la 1re étape obligatoire de tout projet de rénovation. Entre enjeux sanitaires et risques financiers, tour d’horizon d’une expertise vitale pour sécuriser les chantiers.

Philippe-Antoine Remy
ADMINISTRATEUR DE PEGASE ENVIRONNEMENT
« C’est la lettre A de l’alphabet pour tout projet », insiste Philippe-Antoine Remy. « Qu’il s’agisse de l’arrêté bruxellois de 2008 ou du récent arrêté royal fédéral de décembre 2025, le cadre légal impose une rigueur absolue. » L’inventaire destructif avant travaux consiste à inspecter le bâtiment de la toiture au sous-sol ; on y prélève des échantillons de matériaux suspects pour analyse en laboratoire. Objectif : identifier l’amiante non friable, mais surtout l’amiante friable, beaucoup plus volatil et nocif.
L’enjeu est avant tout sanitaire. « Manipuler sans précaution un matériau amianté libère des fibres invisibles qui contaminent l’ensemble du site, mettant en danger ouvriers et futurs occupants », prévient l’expert. Mais l’aspect financier est tout aussi crucial. « Le désamiantage peut représenter entre 1 et 8 % de la valeur d’un projet. » Une découverte tardive en plein chantier provoque en outre un effet boule de neige : arrêt des travaux, retards de planification et surcoûts massifs pouvant réduire à néant la marge d’un promoteur.
Objectif : identifier l’amiante non friable, mais surtout l’amiante friable, beaucoup plus volatil et nocif.
Face à ces risques, Pegase Environnement mise sur une méthodologie rigoureuse, incluant des diagnostics en deux phases pour les bâtiments occupés. Au-delà de l’obligation légale, l’entreprise délivre un certificat « Asbeste SAFE » pour rassurer les acheteurs.
Formateur agréé IPI, Philippe-Antoine Remy entend aussi sensibiliser les professionnels aux réalités du terrain, de la détection à la mise en décharge. Alors que la Flandre impose déjà l’« Asbestattest » lors des ventes, Bruxelles et la Wallonie devraient suivre prochainement, renforçant la nécessité d’une expertise pointue.