Fondé à Bruxelles en 2018 par Elvire Evrard, Atelier Février développe une pratique du paysage attentive aux territoires habités du quotidien. L’agence observe les relations entre les habitants, les usages et les dynamiques du vivant : sols, eau, végétation, biodiversité. Objectif : en révéler les équilibres et imaginer des paysages à la fois sensibles, durables et adaptés à leur environnement. Pour Elvire Evrard, l’architecte- paysagiste est un acteur clé de la transition écologique des territoires habités.

Elvire Evrard
ARCHITECTE-PAYSAGISTE
© ATELIER FÉVRIER
Face aux dérèglements climatiques et aux contraintes environnementales, la pratique s’est enrichie. La gestion intégrée des eaux pluviales, la lutte contre les îlots de chaleur urbains, la limitation de l’artificialisation des sols et le renforcement de la biodiversité sont à présent au cœur des exigences des autorités publiques lors de l’octroi des permis. « Désormais, nous intervenons à toutes les échelles, du jardin domestique aux grands espaces et aux infrastructures collectives, en privilégiant des solutions bio-inspirées et sobres, ainsi qu’une attention particulière aux ressources et aux qualités existantes des sites. »
Le paysage n’est plus un simple décor, mais un outil structurel pour imaginer des espaces plus habitables, plus résilients et plus vibrants.
Une pratique collaborative ancrée dans le vivant
Pour appréhender la complexité des territoires, l’agence mise sur la pluridisciplinarité. En collaborant étroitement avec des architectes, des ingénieurs, des écologues ou même des artistes, Elvire Evrard développe une posture nourrie par les regards croisés. « Notre équipe envisage chaque projet comme un processus d’apprentissage et de dialogue, à l’image des écosystèmes vivants qui évoluent et s’adaptent. »
L’exemple du nouveau centre administratif de la ville de Huy illustre parfaitement cette démarche. « Sur un ancien verger pâturé offrant une vue imprenable sur le fort mosan, nous avons transformé les défis topographiques en opportunités paysagères. En intégrant une gestion naturelle de l’eau et en impliquant les riverains via des ateliers de participation citoyenne, le projet a donné naissance à un parc public qui est à la fois un refuge pour la biodiversité et un lieu de vie inclusif. »
Pour Elvire Evrard, le paysage devient le socle de la planification urbaine. « L’enjeu est de concevoir des territoires capables d’accueillir durablement la vie humaine tout en respectant les cycles naturels. Le paysage n’est plus un simple décor, mais un outil structurel pour imaginer des espaces plus habitables, plus résilients et plus vibrants », conclut-elle.