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Immobilier et climat : la durabilité, un impératif stratégique et financier

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La décarbonation du secteur de l’immobilier n’est plus une simple option éthique, mais une nécessité économique vitale. Tel est le credo de Laurie Pazienza, Consultante en énergie et changement climatique chez Climact. Entre réglementation, exigences bancaires et risques physiques, elle décrypte pourquoi anticiper les dérèglements climatiques est devenu la clé de voûte de toute stratégie immobilière pérenne.

Laurie Pazienza

CONSULTANTE EN ÉNERGIE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE CHEZ CLIMACT

Climact accompagne les entreprises dans la maîtrise de leur impact carbone. « Pour les acteurs de l’immobilier et de la rénovation, un des premiers moteurs du changement est réglementaire. La directive CSRD impose déjà la publication de rapports de durabilité, tandis que la taxonomie européenne défi nit désormais les critères stricts d’un investissement ‘vert’ », souligne Laurie Pazienza.

La décarbonation du secteur de l’immobilier n’est plus une simple option éthique, mais une nécessité économique vitale.

Parallèlement, la directive EPBD obligera, dès 2028, à comptabiliser le carbone embarqué – les matériaux – pour les bâtiments de plus de 1.000 m². « Les promoteurs doivent démontrer une ambition de décarbonation sérieuse et alignée sur la science pour conserver la confiance des investisseurs et des banques », estime notre interlocutrice. «  La Banque centrale européenne affirme que les entreprises affichant une stratégie claire et prenant en compte les risques physiques bénéficient d’un accès aux prêts avec de meilleures conditions. »

Anticiper les risques pour protéger la valeur des actifs

Au-delà de la conformité, la durabilité assure une résilience opérationnelle immédiate. « Réduire la consommation énergétique via des technologies comme le photovoltaïque ou la géothermie protège les propriétaires contre la volatilité des prix liée aux chocs géopolitiques », relève l’experte. Elle pointe également la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement : « Des feux de forêt raréfiant le bois ou des sécheresses entravant le transport fluvial peuvent faire bondir les coûts de construction et retarder les chantiers. »

Enfin, l’analyse des risques physiques à long terme est cruciale pour la survie des actifs. Acheter un bâtiment sans évaluer le risque d’inondation à l’horizon 2030 ou 2050 expose à une dévaluation brutale. « Un bâtiment vit soixante ans. Se rendre compte trop tard qu’un bien est en zone inondable oblige à des investissements massifs pour l’adapter », prévient Laurie Pazienza. En somme, intégrer la réalité scientifique du réchauffement aujourd’hui est l’unique moyen de garantir que les actifs immobiliers ne deviennent pas les passifs financiers de demain.

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