Comment une PME belge peut-elle s’imposer face aux géants internationaux du levage ? Pour Thomas Geron, Administrateur chez Olsen Engineering, la réponse tient en trois piliers : une expertise technique de pointe, une agilité sans faille et des investissements dans l’innovation. L’entreprise démontre ainsi que le « Made in Belgium » reste une référence absolue pour les projets industriels les plus complexes.
Texte : Philippe Van Lil
L’histoire d’Olsen Engineering est celle d’une évolution constante. Fondée en 1989 sous le nom d’Ascelec par Paul Geron, la société s’est métamorphosée pour devenir aujourd’hui un acteur incontournable du levage industriel. Avec 60 collaborateurs répartis sur trois sites d’exploitation – Liège, Charleroi, Luxembourg -, l’entreprise s’est donné pour mission de suppléer à la force humaine dès que la charge dépasse 25 kilos, avec des capacités pouvant atteindre… 120 tonnes !
Un bureau d’études comme fer de lance
Ce qui distingue Olsen Engineering sur un marché globalisé, c’est sa maîtrise de l’intégralité de la chaîne de valeur. Si l’entreprise est l’importateur officiel de la marque allemande Abus Crane Systems – le leader des solutions standards de levage -, sa véritable force réside dans sa capacité à concevoir l’exceptionnel.
« Lorsque les besoins sont spécifiques en termes de sécurité ou d’automatisation, notre bureau d’études interne prend le relais », précise Thomas Geron. « Nous partons d’une feuille blanche pour concevoir des solutions prototypes, avec une modélisation en 3D, pour répondre précisément aux défis de nos clients. » Cette approche permet à la PME de proposer bien plus que du matériel : elle livre de l’intelligence industrielle. Qu’il s’agisse de monorails complexes pour manipuler des moteurs d’avion ou de tables élévatrices spécifiques, l’expertise d’Olsen permet de sécuriser les opérations tout en optimisant les processus de production.
Investissements et digitalisation : les clés de la compétitivité
Pour rester compétitive, Olsen Engineering refuse de stagner. « Depuis 2022, nous avons opéré une transformation numérique profonde en adoptant l’ERP belge Odoo, digitalisant ainsi l’ensemble de nos flux, de l’achat à la conception. Cela nous permet de répondre plus vite aux demandes et de travailler avec une précision accrue », souligne l’administrateur.
Mais la croissance passe aussi par le béton. À l’étroit dans ses murs actuels, l’entreprise vient d’acquérir 20.000 m² de terrains pour y construire trois nouveaux halls de production. « Cet investissement stratégique vise à lever les limites physiques de notre entreprise pour accompagner sa croissance future et manipuler des pièces toujours plus imposantes. »
Une proximité locale pour une résonance internationale
Si Olsen Engineering entretient une proximité vitale avec les grands noms de l’industrie régionale – comme la SNCB, John Cockerill ou Safran Aero Boosters -, son savoir-faire s’exporte désormais aux quatre coins du globe. De l’Inde au Mexique, en passant par la Suisse et bientôt Casablanca et Chypre, la PME wallonne remporte des contrats de haut vol. Elle a notamment équipé les bases militaires de Kleine-Brogel et Florennes pour la maintenance des chasseurs F-35.
Cette réussite repose également sur un service après-vente ultra-réactif. « Dans l’industrie, un pont roulant en panne peut paralyser une ligne de production entière et coûter des millions », prévient Thomas Geron. « Nous devons dès lors être capables d’intervenir immédiatement. Cette proximité et notre capacité de maintenance et de rétrofit – soit la modernisation d’équipements anciens – sont essentielles pour nos clients. »
Anticiper le futur : vers la maintenance prédictive
Bien que le secteur du levage soit contraint par des normes de sécurité drastiques qui ralentissent l’adoption de certaines technologies, Olsen Engineering regarde vers l’avenir. L’entreprise étudie actuellement le développement de « boîtes noires » connectées au cloud. L’objectif ? Collecter des données pour passer d’une maintenance curative à une maintenance prédictive, évitant ainsi l’arrêt inopiné des machines.
« Nous pouvons être fiers de ce que nous réalisons en Wallonie », conclut Thomas Geron. « Souvent, les clients internationaux reviennent vers nous parce que les solutions locales ne conviennent pas. Cela prouve que notre exigence de qualité et notre flexibilité sont nos meilleurs atouts pour l’avenir. »