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Innovation & Compétitivité

Un investisseur de proximité qui fait bouger les lignes

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Avec 370 millions d’euros sous gestion et un rythme d’investissement de 50 millions par an, IMBC est un acteur de poids pour la région Mons-Borinage-Centre. Mais au-delà des moyens financiers, c’est sa méthode qui fait la différence. Outil hybride par excellence, mêlant fonds publics et gestion privée, l’invest mise sur un ancrage territorial inégalable pour détecter les pépites là où elles naissent, mais aussi pour en rester le partenaire tout au long de leur vie.

Une détection précoce au cœur de la recherche

Proximité, expertise, réseau : voilà sans aucun doute les trois atouts majeurs d’IMBC pour catalyser l’essor du triangle Mons-Borinage-Centre. Sa toute première force réside en réalité dans sa connexion organique avec l’écosystème de la recherche. « Nous sommes interconnectés avec toute la région, que ce soit au travers des universités ou des centres de recherche comme Materia Nova ou Multitel. Cette proximité permet de déceler le potentiel d’un projet, avant même qu’il n’ait une existence commerciale », explique Sylvie Creteur, CEO d’IMBC.

Elle se souvient avec émotion des débuts de leaders actuels : « Quand on a commencé à financer D-tek, ses dirigeants avaient pour seul bureau l’arrière-fond d’une université. De même, à l’époque des débuts d’I-Care, ses cofondateurs, Fabrice Brion et Arnaud Stiévenart, étaient seulement deux et ne se payaient pas de salaire. » Quand on voit les géants que sont devenues ces deux sociétés, on comprend mieux que c’est cette capacité à parier sur l’humain et l’embryon de technologie qui définit l’identité de base d’IMBC.

Ce partenariat privé-public permet de s’affranchir des lourdeurs administratives tout en gardant en vue l’intérêt général régional.

Trois piliers sectoriels prioritaires

IMBC ne disperse pas ses efforts pour autant. Pour maximiser son impact, elle a identifié trois secteurs prioritaires, qui représentent quelque 60 % de son activité : l’agroalimentaire et l’agro-biotechnologie, l’environnement et les X-Tech – entendez les innovations technologiques de pointe. «  Cette spécialisation sectorielle permet de répondre à des défis sociétaux qui dépassent les seuls aspects économiques », note Sylvie Creteur.

Elle cite l’exemple d’Ecosteryl, autrefois Ateliers Mécaniques du Borinage : « À la base, cette entreprise opérait pour des industries extractives. Puis, elle a décidé de basculer vers le traitement des déchets hospitaliers. Aujourd’hui leader mondial, elle incarne la réussite du type de mutation industrielle qu’IMBC soutient de toutes ses forces. »

Wallonie Entreprendre est un actionnaire majeur, mais les actionnaires majoritaires sont privés.

Un conseil d’administration de praticiens synonyme de réseaux

Toujours en termes d’efficacité, le conseil d’administration d’IMBC, loin des cercles de financiers désincarnés, compte cinq administrateurs publics et dix administrateurs privés, tous entrepreneurs de terrain avec des figures comme Damien de Dorlodot, fondateur de Decube, Amélie Matton, ex-CEO d’Ecosteryl, Fabrice Brion, Cofondateur d’I-Care, ou Julie Abraham, Administrateur délégué des Carrières de la Pierre Bleue Belge. « Ces personnes constituent un solide réseau qui permet de challenger et d’accompagner les projets avec pragmatisme. »

« La mise en relation de notre réseau et des réseaux de notre réseau est un élément essentiel. Nous ne nous contentons pas de prêter de l’argent ; nous conseillons, mettons aussi en relation et aidons les entrepreneurs à trouver les bons interlocuteurs en fonction de leur propre vision », insiste Sylvie Creteur. « Dans un tissu économique composé essentiellement de PME, l’accès à l’expertise est vital. L’invest joue le rôle de grand frère, guidant l’entreprise lors de ses 15 ou 20 interventions successives, du premier engagement de personnel à la construction d’un nouveau bâtiment. »

Relevons enfin qu’IMBC réussit aussi le tour de force de concilier mission publique et efficacité privée. « Wallonie Entreprendre est un actionnaire majeur, mais les actionnaires majoritaires sont privés », relève la CEO. « Ce partenariat privé-public permet de s’affranchir des lourdeurs administratives tout en gardant en vue l’intérêt général régional. »

L’art du dérisquage : entre expertise interne et externe et courage financier

Dans l’imaginaire collectif, le financier est souvent associé à la prudence, voire à la frilosité. Sylvie Creteur prend le contre-pied de ce cliché. « Le risque est notre métier », déclare-t-elle en substance. La mission d’IMBC est néanmoins de distinguer le risque entrepreneurial noble de l’aventure mal préparée. Pour y parvenir, l’invest s’appuie sur une équipe ultra-qualifiée et une connaissance intime du terrain.

L’expertise à 360°, véritable actif d’IMBC

N’allez pas croire qu’IMBC finance tous les projets, et encore moins à l’aveugle. Derrière chaque décision d’investissement, il y a son équipe pluridisciplinaire de 15 personnes, dont la stabilité est remarquable. «  Moi, cela fait 34 ans que je suis à l’invest. Mes principaux managers seniors sont là depuis plus de 20 ans. Ce sont des gens dont c’est le métier de manière ininterrompue », se réjouit Sylvie Creteur.

Une telle longévité permet d’accumuler une expertise qui dépasse largement l’analyse financière classique. « Chez nous, un invest manager n’est pas un analyste bancaire. Il doit maîtriser l’ensemble du métier, de l’analyse des risques à la négociation des conventions d’actionnaires et le mandat d’administrateur.  Ces profils hybrides – ingénieurs, économistes, juristes, etc. – sont notamment capables de dialoguer d’égal à égal avec les scientifiques les plus pointus. »

Quand un projet est néanmoins trop technique, IMBC n’hésite pas à faire appel à des spécialistes externes de haut rang. Notre interlocutrice cite l’exemple de BiocSol, un spin-off de l’UCL active dans les biofongicides : « Pour challenger ce qui était avancé par le spin-off, nous nous sommes appuyés sur des personnes clés comme Ruddy Wattiez, le vice-recteur à la recherche, à l’innovation et à l’entrepreneuriat de l’UMons, spécialiste dans ce domaine, et VIVES, spécialisée en innovation de rupture. » Activer les meilleures compétences académiques et faire appel à l’expertise de fonds spécialisés partenaires sont au cœur de la stratégie de dérisquage de l’invest.

Dans un monde en perpétuelles mutations, financer une entreprise qui n’innove pas, c’est prendre un risque mal calculé.

Le véritable risque : ne pas en prendre

La stratégie de l’invest est donc de limiter au maximum les risques liés à un investissement, quitte à refuser celui-ci. Pour illustrer son propos, Sylvie Creteur évoque une ancienne société wallonne de cartographie : « C’était une entreprise de renom. Un jour, nous avons arrêté de la financer parce qu’elle restait sur ses cartes papier, ratant le tournant du GPS et de la digitalisation. Dans un premier temps, elle a réussi malgré tout à trouver des fonds bancaires classiques, car elle présentait encore des actifs rassurants. Mais elle a fini par faire faillite. Dans un monde en perpétuelles mutations, financer une entreprise qui n’innove pas, c’est prendre un risque mal calculé. »

Toutefois, consciente que le risque zéro n’existe pas, la CEO évoque aussi le danger qu’il y a à ne pas prendre de risque en matière d’innovation : « Le métier d’IMBC est précisément d’en prendre. Aujourd’hui, le système bancaire impose de fortes limites pour les start-ups. Les accords de Bâle III imposent des contraintes de solvabilité qui brident les banques face à l’immatériel. Pour une jeune entreprise n’ayant ni historique, ni garantie, cela devient dès lors très compliqué de trouver du financement. Notre invest intervient précisément pour combler ce vide, en finançant le ‘haut de bilan’ – capital, prêts subordonnés -, là où les garanties tangibles font défaut. »

Dans le même temps, Sylvie Creteur met en garde contre l’illusion que l’entrepreneur peut tout financer seul. Elle identifie quatre limites majeures : l’échelle (fonds propres limités), le tempo (développement trop lent face aux concurrents), le risque (mise en danger du patrimoine privé) et le marché (time to market long). « Si une entreprise doit piloter sa stratégie uniquement sur sa trésorerie immédiate, elle risque d’aller à l’encontre de son avenir en bridant l’innovation par peur d’un manque de cash immédiat. »

En apportant du capital, IMBC offre le temps nécessaire à l’innovation pour rencontrer son marché.

Succès wallons : quand l’audace rencontre le capital patient

L’histoire d’IMBC est jalonnée de réussites industrielles qui font aujourd’hui rayonner la Wallonie à l’international. I-Care, Lisam, D-tek, Hovertone, Fyteko, Sunrise et iQrypto en sont des exemples. Mais derrière chaque licorne ou chaque leader mondial, il y a une prise de risque initiale souvent méconnue. Sylvie Creteur revient sur ces entreprises qui ont su transformer une innovation de rupture en succès commercial grâce à un accompagnement financier sur mesure et à une vision à long terme.

I-Care, de 2 personnes à la licorne mondiale

L’exemple d’I-Care est sans doute celui qui illustre le mieux la mission d’IMBC. En 2006, la société n’était que l’espoir de deux ingénieurs. « Nous avons investi 100.000 euros à l’époque. Ils n’avaient aucun autre financement. Aujourd’hui, ils sont plus de 1.000 I-Cariens et sont valorisés à un milliard d’euros. C’est la deuxième licorne wallonne », s’enthousiasme Sylvie Creteur.

Mais au-delà de la -reconnaissance internationale, c’est l’ancrage local qui importe. « Fabrice Brion, l’un des deux cofondateurs, avait été clair : il voulait des fonds belges ou rien. Cette fidélité mutuelle a permis à I-Care de devenir un leader mondial de la maintenance prédictive sans jamais quitter ses racines montoises. La preuve que la Wallonie peut porter des projets de classe mondiale… à condition d’être à la fois audacieux et patient. »

Spinnova, le bras armé de la haute technologie

En 2004, IMBC a créé, en partenariat avec l’UMons et Wallonie Entreprendre, IMBC Spinnova. Il s’agit d’un fonds spécifique de financement de spin-off, spin-out et sociétés de haute technologie. « Nous nous réjouissons de la richesse de ce partenariat avec l’université, matérialisé notamment par la présence au conseil d’administration de personnalités académiques et scientifiques mondialement reconnues comme Philippe Dubois, recteur de l’UMons », explique la CEO. « C’est en tenant compte de leurs éclairages qu’ont par exemple été financées des sociétés comme Fyteko, spécialisée dans le stress hydrique des cultures, et BiocSol, spécialisée dans les bio-insecticides. Ces spin-off – dont les conditions climatiques de cet été rappellent toute leur importance – représentent le futur de l’agro-biotechnologie wallonne, alliant respect de l’environnement et haute technologie. » Là aussi, la patience aura été le maître-mot.

Cette fidélité mutuelle a permis à I-Care de devenir un leader mondial de la maintenance prédictive sans jamais quitter ses racines montoises.

Résilience et agilité, l’anecdote du stock critique

Sylvie Creteur partage une anecdote saisissante qui illustre la différence entre un fonds financier classique et un partenaire de proximité tel que IMBC, mais aussi, une fois encore, que la patience finit par payer. « Face à une rupture d’approvisionnement mondiale, un fournisseur étranger avait annoncé à une entreprise de notre portefeuille que ses délais de livraison passeraient de 2 à 52 semaines. Cette entreprise a pris le risque énorme d’immobiliser une trésorerie massive pour acheter deux ans de composants d’un coup, tout en préparant l’internalisation de la fabrication. Ce choix courageux n’a été possible que parce que les actionnaires étaient belges et comprenaient les enjeux de survie de l’outil. Un fonds anglo-saxon n’aurait sans doute pas accepté de geler autant de cash pour sécuriser le long terme. »

Le spectre large de l’innovation, d’Hovertone à la cybersécurité

Chez IMBC, l’innovation ne se limite pas aux biotechs. La CEO cite Hovertone, une société sortie de l’UMons et active dans le design d’interactions technologiques pour les musées. «  Si vous allez au musée océanographique de Monaco ou à Pairi Daiza et que vous voyez des baleines nager à travers des vitres, c’est Hovertone qui a réalisé cette prouesse. » Dans un tout autre domaine, iQrypto développe des solutions de cybersécurité basées sur la technologie quantique. « Ce sont des créneaux de niche, même si c’est parfois moins concret pour le grand public. Là aussi, il faudra encore faire preuve de patience. »

Un pari sur l’avenir

En conclusion, Sylvie Creteur rappelle que le rôle d’un invest est d’être un catalyseur. « On ne finance pas le tissu économique tel qu’il est, mais tel qu’on aimerait qu’il soit. En accompagnant ces entreprises, parfois contre vents et marées, IMBC s’assure que la Wallonie reste une terre d’inventeurs et de producteurs. L’innovation n’est pas seulement un risque, c’est la seule assurance-vie d’une économie régionale face aux défis du XXIe siècle. »

L’impact socio-économique d’un géant régional

Au-delà des discours, l’action d’IMBC se traduit par des chiffres massifs qui irriguent l’économie réelle de la région Mons-Borinage-Centre. Voici les indicateurs clés de performance et d’impact. Ils démontrent à suffisance qu’il s’agit là d’un acteur qui ne se contente pas de financer ; il transforme chaque euro public et privé en un levier de croissance, d’emploi et de souveraineté pour la Wallonie.
• 775 millions d’euros : montant total des fonds investis depuis la création de l’institution, faisant d’IMBC l’un des principaux bailleurs de fonds de la région.
• 2.830 interventions : nombre de financements accordés, couvrant une gamme complète allant du capital au prêt subordonné.
• 1.450 entreprises : nombre de sociétés ayant bénéficié de l’expertise de l’invest. Actuellement, 400 entreprises sont activement gérées en portefeuille.
• 30.000 emplois : volume d’emplois directement liés aux entreprises financées par IMBC. En portefeuille actif aujourd’hui, on compte encore 15.000 emplois directs.
• Effet de levier de 1 pour 6 : chaque euro investi par l’invest dans une PME permet de générer 6 euros d’investissement global via les banques ou les fonds privés. Ce ratio démontre le rôle de catalyseur et de réassurance d’IMBC pour les autres acteurs financiers.
• Taux de pénétration record : 35 % des entreprises de la région sont actuellement financées par l’invest et 75 % des entreprises du territoire ont été soutenues par IMBC au moins une fois dans leur vie.
• 50 millions d’euros : montant investi chaque année par IMBC pour soutenir l’innovation et la transformation du tissu économique.
• 3 milliards d’euros : chiffre d’affaires cumulé des entreprises en portefeuille, ainsi que le volume global des investissements qu’elles portent.
• Zéro subside : IMBC fonctionne sur un modèle économique de rentabilité durable. Lorsque les projets aboutissent, les fonds investis sont récupérés pour être réinjectés dans de nouveaux dossiers, démontrant la pérennité de l’outil.

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