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Pouvoir de la Wallonie

Eaux wallonnes : l’innovation se doit d’être durable

En collaboration avec
Chambre de nanofiltration à Stembert. Technologie de pointe et innovations font partie intégrante de la gestion de l’eau en Wallonie.
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Chambre de nanofiltration à Stembert. Technologie de pointe et innovations font partie intégrante de la gestion de l’eau en Wallonie.

Au sein de la Société wallonne des eaux (SWDE), la problématique de la durabilité se traduit par une approche de la résilience en trois temps : à court, moyen et long terme. Comme nous l’explique David Marciniak, Business Development & Innovation, cette stratégie s’articule étroitement autour de pratiques d’innovation et d’amélioration continue.

David Marciniak

Business Development & Innovation

SWDE

Quelle est l’approche de la SWDE en matière d’innovation ?

David Marciniak : « De manière générale, notre culture d’entreprise est de parvenir à impliquer réellement tout notre personnel dans la gestion quotidienne de la société. Ceci englobe les processus d’amélioration continue et d’innovation. Je suis personnellement convaincu que toute personne, qu’elle soit fontainier ou ingénieur, a du talent. Fondamentalement, tout le monde peut avoir de bonnes idées. Il faut pouvoir les saisir, y travailler, les mettre en place et en recueillir les résultats. »

Afin d’accélérer nos processus d’innovation et le lancement de nouveaux projets, nous avons créé un incubateur en interne.

Comment cela se traduit-il dans vos actions ?

D. M. : « Dans une approche court terme, on agit dans une logique ‘bottom up’ : on fait remonter les idées de nos collaborateurs sur le terrain pour les mettre en œuvre rapidement, en quelques semaine à peine, à plus large échelle. À titre d’exemple, l’un de nos employés a suggéré le recours aux cannes GPS. Lié à un satellite et relié à notre système informatique de gestion, ce système permet de recueillir des données géographiquement très précises sur l’état du réseau au niveau des conduites et raccordements. En cas de problèmes, nous pouvons ainsi agir beaucoup plus rapidement pour la mise en œuvre de travaux là où c’est réellement nécessaire. »

Comment agissez-vous pour des projets à plus long terme ?

D. M. : « Afin d’accélérer nos processus d’innovation et le lancement de nouveaux projets, nous avons créé un incubateur en interne. On veut à tout prix éviter des projets et solutions qui prendraient plusieurs années à être déployés. Dès lors, nous avons créé une plateforme où l’ensemble du personnel peut pendant un temps déterminé proposer et interagir sur des idées liées à des thématiques. Puis, un jury sélectionne les idées qui nous semblent les plus porteuses et nous les faisons passer dans notre incubateur pour un cycle de cinq mois. Tout ce processus relativement récent n’a été réalisé qu’une seule fois jusqu’ici, en 2021, mais nous comptons le répliquer vu son succès. Il permet d’aboutir à des décisions rapides sur le fait de s’engager ou non dans tel ou tel projet, tout en créant une dynamique interne autour de l’innovation. »

Depuis 2021, nous avons pu faire économiser à nos clients plus de 37 millions de litres d’eau, soit l’équivalent de 14 piscines olympiques.

Pour les années à venir, quelles sont vos perspectives en termes d’innovation et de développement ?

D. M. : « Elles reposent entre autres sur des partenariats avec d’autres entreprises, le monde politique et le monde académique. Nous soutenons par exemple le cluster H2O, dédié aux technologies du secteur de l’eau, qui lui-même s’intègre dans un cluster plus large baptisé TWEED pour ‘Technologie wallonne énergie – environnement et développement durable’. Ces perspectives intègrent aussi bien de la recherche fondamentale que de la recherche appliquée et une réflexion sur la mise sur le marché de nouveaux services. Elles prennent aussi en compte les évolutions prévisibles du paysage hydrique en Wallonie. »

C’est-à-dire ?

D. M. : « Aujourd’hui, on rencontre ponctuellement des épisodes de grande chaleur ou d’inondations, mais le changement climatique amènera des difficultés récurrentes pour l’approvisionnement. En conséquence, nous nous préparons à une gestion optimale des ressources, notamment en déployant plus d’intelligence dans notre réseau. Dans ce cadre, nous avons créé une équipe conjointe avec la SPGE pour le développement de projets de réseaux hybrides. Il s’agit par exemple des problématiques des écoquartiers ou d’études, avec l’Université de Liège, sur la recharge maîtrisée des aquifères, ou encore, avec l’Université de Mons, sur la réutilisation des eaux en sortie de stations d’épuration. Une dizaine de projets pilotes permettront d’aborder différents angles d’approches. Dans tous ces domaines, les avancées devront profiter à l’ensemble des acteurs wallons du secteur, voire être transmis au niveau international. »

Pouvez-vous encore illustrer cette approche « intelligente » par un autre exemple ?

D. M. : « Dans le contexte de notre réseau de distribution d’eau, on peut l’illustrer avec un projet comme easyCONSO, déjà en cours. Ce service est destiné aux communes et aux gestionnaires d’infrastructures multisites comme des écoles ou des entreprises. D’ici à la fin de l’année, on aura installé 2.000 compteurs adaptés. Cela permet de monitorer les consommations pour détecter les fuites, donc les pertes inutiles à la suite de canalisations défectueuses, de chasses d’eau qui coulent, etc. Depuis 2021, nous avons pu faire économiser à nos clients plus de 37 millions de litres d’eau, soit l’équivalent de 14 piscines olympiques. Éviter les consommations inutiles, c’est déjà agir sur la durabilité. »

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