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Pouvoir de la Wallonie

Le circuit court : un gage de confiance et d’authenticité

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Les circuits courts ont de toute évidence la cote en Wallonie. D’aucuns diront que la pandémie n’y est pas pour rien. Peut-être. Mais la tendance semble lourde. Acheter des produits de sa région, voire sur le lieu où ils ont été produits fait sens pour beaucoup de consommateurs. Ils avancent le besoin de confiance, de proximité, mais aussi l’attachement à leur milieu de vie. 

Texte : Diane Theunissen

Philippe Mattart

Directeur Général

Apaq-W

« Le circuit-court a pour principal atout de limiter les intermédiaires entre le lieu de production et le consommateur. Il réduit ainsi le poids de la logistique et est, très souvent, associé à une distance plus courte entre le producteur et l’assiette » explique Philippe Mattart, Directeur Général de l’Agence Wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de Qualité (Apaq-W). Bien souvent aussi, le circuit court est assorti d’une fabrication artisanale des produits, généralement issus d’exploitations à caractère familial. En effet, ces exploitations sont susceptibles d’intégrer les principes du circuit-court à leur modèle économique. « En ce sens, elles peuvent avoir intérêt à s’ouvrir à des partenaires commerciaux tels que les coopératives ou les groupements de producteurs », commente notre interlocuteur.

L’agriculture wallonne : une partenaire incontournable du développement durable

« L’agriculture wallonne est par ailleurs significativement liée au sol » ajoute Philippe Mattart. Les superficies agricoles de notre Région occupent environ 733.000 hectares – soit près de la moitié du territoire régional – pour quelque 13.000 exploitations et une main d’œuvre s’élevant à 22.000 unités dont une part non familiale qui ne représente que 4.000 personnes. Les pâtures, qui occupent la moitié de la superficie agricole de la Région, ont, quant à elle, une vocation trop souvent ignorée. Elles constituent d’irremplaçables puits de carbone, c’est-à-dire qu’elles captent une partie des gaz à effets de serre émis par les différentes activités humaines. Elles contribuent, en outre, au maintien de la biodiversité. »

Parallèlement aux enjeux économiques, il est donc important de mesurer à quel point notre agriculture est importante pour l’intégrité de nos zones naturelles et notre environnement.

« Parallèlement aux enjeux économiques, il est donc important de mesurer à quel point notre agriculture est importante pour l’intégrité de nos zones naturelles et notre environnement. « Ce que nous pouvons en tirer comme conclusion est simple : consommer local, c’est soutenir une dynamique économique sur les superficies agricoles wallonnes, c’est aider nos producteurs à préserver ou développer leur activité. Et, in fine, c’est affirmer la légitimité de nos superficies agricoles en tant que contributrices au développement durable », ajoute Philippe Mattart.

Agriculture et produits locaux : une question de valeurs

L’agriculture est une affaire d’hommes, de femmes, de familles. Et pour tout dire, c’est une affaire de passion. Lorsqu’un consommateur achète un produit issu d’un producteur proche de chez lui, il achète le fruit d’un travail et d’une volonté de bien faire. Lorsqu’il achète un produit local, il associe un visage ou un nom au produit qu’il vient d’acquérir. Il pense à ce qu’il connaît du lieu de production, mais aussi des champs et pâtures dont provient ce produit. Cela peut paraître bucolique.

Mais cela correspond à la sensibilité d’un nombre croissant de consommateurs, peu importe le point de vente où ils achètent leurs produits. Les études de consommation réalisées à l’initiative de l’APAQ-W montrent, en effet, des motivations et valeurs multiples au travers desquelles apparaissent non seulement le prix – dont on ne peut nier l’importance objective pour de très nombreuses personnes- mais aussi des impulsions plus complexes : la solidarité avec les producteurs, notamment en vue d’une juste rémunération, la curiosité et la passion pour les aliments de qualité, le souci de l’environnement ou encore la santé.

Ces motivations d’achat reflètent une demande bigarrée pleine de potentialités et constituent une opportunité pour répondre aux enjeux auxquels l’agriculture est liée, notamment l’activité économique, la stabilité des superficies agricoles et la préservation de notre environnement.

#Jecuisinelocal, durable et de saison

Afin de sensibiliser les consommateurs aux bonnes raisons de consommer local, l’Apaq-W a développé la charte #Jecuisinelocal, durable et de saison : une charte participative qui propose aux consommateurs de s’engager sur des valeurs. La première de ces valeurs porte sur la réflexion que chaque consommateur doit avoir sur son alimentation afin de la lier aux impératifs du développement durable mais aussi du maintien d’une activité économique rurale.

Concrètement, une plateforme digitale permet aux consommateurs de trouver des producteurs à proximité de chez eux. Ce faisant, en faisant évoluer sa façon de consommer vers une alimentation plus locale et plus durable, le consommateur peut vraiment donner du sens à sa manière de consommer.

L’agriculture Wallonne, c’est

13.000 exploitations 
733.000 hectares de terres
une main d’œuvre s’élevant à 22.000 personnes

➯ « De la terre à l’assiette »c’est aussi un livre publié par les Editions Racines avec le soutien de l’Apaq-W.

➯ À travers ce livre, 50 éleveurs racontent leur histoire et leur passion pour ce métier qui célèbre la nature et le terroir.

➯ C’est aussi une invitation à passer derrière les fourneaux et tester les recettes originales des 4 auteurs que sont Sandrine Dans, Eric Boschman, Julien Lapraille et Gerald Watelet.

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