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Opinion

« Réduire la problématique de l’autosolisme à Bruxelles »

En matière de mobilité, la situation dans une ville comme Bruxelles n’est ni toute blanche ni toute noire. De même, il n’y a pas de solution unique aux problèmes de mobilité, mais bien un faisceau de mesures qui offrent une véritable solution. La vision d’Ischa Lambrechts, Conseiller Mobilité au BECI.

Pour un particulier en voiture, une heure dans les embouteillages représente un coût de 8,25 €. Pour le transport de marchandises, on passe à quelque… 80 € ! Selon l’OCDE, les coûts liés au trafic, en ce compris des éléments comme la pollution sonore ou atmosphérique et les accidents, représentent de 1 à 2 % du PIB de la Belgique.

Priorité absolue

Pour les entreprises, la priorité du gouvernement afin de garantir la bonne santé économique et les emplois doit être la mobilité. Et pour cause : à Bruxelles, 50 % des jobs sont exercés par des navetteurs. En 2016, 60 % des entreprises sondées mentionnaient la mobilité comme priorité N°1… Elles sont aujourd’hui 89 % ! Cette augmentation de 30 % en 3 ans seulement traduit la lassitude grandissante des travailleurs à perdre autant de temps dans les embouteillages ou dans des transports en commun pas assez performants.

En 2016, 60 % des entreprises sondées mentionnaient la mobilité comme priorité N°1… Elles sont aujourd’hui 89 % !

Constat en nuances

Actuellement, 60 % des entreprises réfléchissent à quitter Bruxelles, en raison des embouteillages ou des transports en commun pas toujours performants. Mais il faut être nuancé : des entreprises ont quitté certaines communes bruxelloises pour s’installer dans le centre-ville, où la couverture de la STIB est très bonne. Le réseau de transport public bruxellois est en réalité le plus performant du pays et l’est même bien plus que dans beaucoup d’autres villes européennes. Le problème à Bruxelles est que la périphérie est le parent pauvre : au-delà du Pentagone et de ses alentours immédiats, le réseau souffre de lacunes importantes.

Multimodalité, le mot-clé

La multimodalité – transports en commun, véhicules partagés, vélos, trottinettes, etc. – est une solution à privilégier, notamment pour des trajets ou périodes spécifiques de la journée. Cette multimodalité permettrait de réduire la problématique de « l’autosolisme » en Région bruxelloise : trop de personnes y viennent seules à bord de leur véhicule, ce qui contribue à causer les embouteillages. À Bruxelles, les opportunités existent mais ne sont pas toujours utilisées. Il est vrai aussi que les zones bien couvertes par des alternatives comme les voitures, vélos et trottinettes électriques sont à l’image des transports en commun : moins bien performantes en périphérie. Ce constat vaut autant pour les initiatives publiques que privées.

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