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Opinion

Le temps de l’administration ne correspond pas au temps économique

En collaboration avec
Olivier Willocx, CEO de BECI
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Olivier Willocx, CEO de BECI

Bruxelles attire de plus en plus de monde. La capitale compte aujourd’hui quelque 300.000 personnes de plus qu’il y a une quinzaine d’années. Ce succès amène forcément des défi s, au premier rang desquels figure l’immobilier de bureau. Olivier Willocx, CEO de BECI.

Aujourd’hui, afi n de répondre notamment aux impératifs climatiques européens déjà décidés par nos dirigeants, la priorité est de pouvoir fournir un nombre suffisant de mètres carrés de bureaux répondant à certaines exigences. Or, à Bruxelles, les normes et règlements en matière de bâti posent des problèmes pour arriver à obtenir des bâtiments plus durables. Le manque d’alignement des autorités publiques – communes, opérateurs d’environnement, opérateurs d’urbanisme,  etc. – tend à neutraliser les actions des uns et des autres.

Le manque d’alignement des autorités publiques tend à neutraliser les actions des uns et des autres.

L’une des pierres d’achoppement majeures est la durée de délivrance des permis. Cela prend souvent jusqu’à cinq ans, à quoi s’ajoutent parfois des recours au Conseil d’État. à ce train-là et compte tenu d’une moyenne de deux ans pour la construction ou la rénovation des quelque 11  millions de mètres carrés de bureaux bruxellois, il faudrait délivrer immédiatement les permis nécessaires afin que l’on soit aux normes en 2030. Dans des villes comme Amsterdam ou Rotterdam, qui disposent du même droit européen que nous en la matière, la délivrance de tels permis prend généralement trois ou quatre mois ! Le même raisonnement vaut aussi si on veut des logements de qualité. Le taux de TVA et la hausse des taux d’intérêts ont en outre un impact sur les coûts de la construction, ce qui ne facilitera pas les choses.

Deux ans pour le permis d’une rénovation de façade !

Le temps de l’administration ne correspond pas au temps du besoin économique, ni à celui de l’adaptation aux normes climatiques. Nous l’avons vécu chez BECI : lorsque nous avons voulu changer notre  façade, parce qu’il y avait des trous de 2 à 3 cm et que le froid entrait dans le bâtiment, il a fallu deux ans pour obtenir un permis. Au nom de quel principe de droit, un tel délai se justifie-t-il ? Je le comprendrais si je voulais construire une tour de 200  mètres de haut.  Mais là on parle d’un bâtiment qui existe depuis 50 ans et il n’y a aucun débat technique pour une simple façade. L’immobilier n’est évidemment pas le seul challenge auquel les autorités doivent continuer de s’atteler. Pour moderniser Bruxelles, garder son caractère attractif et ne plus voir les entreprises qui grandissent quitter la capitale, il faut y renforcer la propreté, le sentiment de sécurité et la mobilité. 

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