Alors qu’UCM célèbre son centenaire, son Directeur général, Frédéric Mignolet, jette un regard lucide sur l’évolution de l’accompagnement des indépendants et des PME. Dans un monde saturé d’informations et dopé par l’intelligence artificielle, il réaffirme une conviction forte : la technologie simplifie l’accès, mais seule l’expertise humaine permet de naviguer avec sécurité et succès dans la complexité croissante du paysage économique.

Frédéric Mignolet
Directeur général de l’UCM
Le paradoxe de l’immédiateté digitale
Par la digitalisation et l’émergence de l’IA, les chefs d’entreprise disposent d’informations prémâchées et immédiates. « Pourtant, paradoxalement, diriger une entreprise n’a jamais été aussi complexe » souligne Frédéric Mignolet. « Entre l’inflation législative, le dédale des démarches, les défis des transitions numérique et durable, le dirigeant est souvent perdu face à un trop-plein de données parfois contradictoires. »
Pour notre interlocuteur, l’accès permanent à l’information est une arme à double tranchant : « L’IA est un algorithme, pas un conseiller qui analyse une situation avec nuance. Si les outils digitaux facilitent le quotidien, ils ne simplifient en rien la règle de droit. Par exemple, la législation sociale belge, avec ses multiples conventions collectives, reste un défi permanent. Face à cette concurrence digitale, UCM a choisi de maintenir un cap clair : l’humain. »
Tandis que certains acteurs du marché imposent des procédures rigides ou des interfaces 100 % automatisées, UCM mise sur des solutions digitales personnalisées tout continuant à investir sur l’accessibilité physique. « Le do it yourself a ses limites. Nos conseillers ont pour priorité d’offrir un conseil solide, personnalisé et juridiquement fiable à nos clients. »
Face à cette concurrence digitale, UCM a choisi de maintenir un cap clair : l’humain.
Un sparring partner face à la complexité
Qu’il s’agisse du guichet d’entreprises, du secrétariat social ou de la caisse d’assurances sociales, l’entrepreneur ne vient plus seulement, de nos jours, chercher une prestation administrative. Il cherche un véritable sparring partner. « Notre rôle a muté pour devenir celui d’un partenaire capable d’aider à arbitrer, anticiper et avancer dans un environnement instable. »
Les problématiques actuelles témoignent de cette charge mentale accrue : gestion du statut social, bien-être des équipes face à un absentéisme record, rétention des talents ou encore inquiétudes majeures face à la réforme des subsides publics tels que les points APE. « Le dirigeant doit être partout : aux ressources humaines, à la stratégie commerciale et à la conformité légale, sans s’oublier lui-même », pointe le Directeur général. « Dans ce contexte, nous démontrons au quotidien notre capacité à comprendre les singularités de nos clients pour gérer les contraintes administratives et ainsi les soutenir dans leur croissance. »
Un modèle unique sans actionnaires
L’une des forces d’UCM réside dans sa structure organique unique en Belgique. Contrairement à des groupes internationaux ou à des sociétés cotées en bourse, UCM repose sur un modèle sans actionnaires à rémunérer. « Tous nos bénéfices sont réinvestis dans nos solutions, nos technologies et la formation de nos 1.000 collaborateurs au service de l’accompagnement de nos clients », insiste Frédéric Mignolet.
Cette indépendance financière garantit une vision à long terme, totalement déconnectée de la pression boursière. Les administrateurs d’UCM sont eux-mêmes des chefs d’entreprise : ils sont à la fois les pilotes et les clients de l’organisation, ce qui permet d’offrir un accompagnement individuel solide, tout en agissant pour la défense collective auprès des pouvoirs publics.
Car, oui, UCM est aussi un mouvement de défense des indépendants et PME. En siégeant au Groupe des 10 ou en interagissant directement avec les cabinets ministériels, l’organisation porte la voix de ceux qui constituent plus de 98 % du tissu économique wallon et bruxellois. « Ce travail de lobbying est crucial, particulièrement lors des périodes électorales où nous portons des messages concrets à l’intention des futurs gouvernements national et régionaux. C’est une dimension cruciale de notre engagement pour les chefs d’entreprise. »
L’IA est un algorithme, pas un conseiller qui analyse une situation avec nuance.
Cap sur le second centenaire
En un siècle d’existence, UCM a prouvé sa capacité à évoluer avec les besoins de ceux qui entreprennent, passant du statut de défenseur historique à celui de leader sur le marché des groupes sociaux. Si l’organisation investit massivement dans l’IA et la digitalisation pour rester compétitive, elle refuse de sacrifier l’humain sur l’autel de la rentabilité technologique.
Pour Frédéric Mignolet, « l’avenir appartient à la personnalisation des services. Dans un monde de plus en plus automatisé, la véritable valeur ajoutée ne réside plus dans l’information elle-même – devenue une commodité -, mais dans la confiance et le lien durable. » Un défi que UCM compte bien relever en restant ce partenaire solide qui permet aux PME de se libérer de la complexité pour se consacrer à ce qu’il fait de mieux : créer de la valeur.