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Applications mobiles : la nouvelle boîte à outils digitale

En collaboration avec
RinorSojeva, CEO & Co-founder d'Innovative Solutions aux côtés de Laura Sojeva et Erjon Halili, également Co-founders.
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RinorSojeva, CEO & Co-founder d'Innovative Solutions aux côtés de Laura Sojeva et Erjon Halili, également Co-founders.

Dans le cadre de la transition digitale, les entreprises belges adoptent de plus en plus les applications mobiles. Toutefois, insiste Rinor Sojeva, CEO & Co-founder d’Innovative Solutions, le sur-mesure, la réalisation d’un cahier de charges précis et y aller pas à pas sont essentiels.

Où en sont les entreprises belges sur le plan digital ?

Rinor Sojeva : « En 2020, environ 70 % étaient digitalisées. Autrement dit, elles avaient déjà déployé un outil numérique comme un ERP (Enterprise Resource Planning), un CRM (Customer Relationship Management) ou des applications mobiles ou web. La Belgique est ainsi l’un des pays les plus digitalisés d’Europe. Toutefois, la transition digitale dans notre pays reste relativement légère. En effet, si la plupart des entreprises disposent d’un ERP ou d’un CRM, c’est souvent sous une forme SaaS (Software as a Service). Or, si pour une PME, c’est là une solution satisfaisante, ce l’est nettement moins pour une société en forte croissance ou de plus grande taille. Dans ces cas-ci, mieux vaut disposer d’un vrai système sur mesure. Un SaaS, pour lequel vous payez un abonnement mensuel par utilisateur, ne convient pas en termes de prix si vous avez beaucoup d’utilisateurs, ni en termes de produit puisqu’il n’est pas adapté à 100 % à vos besoins. »

Le sur-mesure représente tout de même un coût important…

R. S. : « Sans doute pour le coût initial. Cependant, en termes de ratio temps/argent, vous n’avez plus besoin d’attendre de 5 à 10 ans pour voir un retour sur investissement. Généralement, au bout d’un an, cela s’avère rentable car vous avez une meilleure traçabilité et un meilleur suivi de vos projets et de vos clients. En outre, un employé qui n’a plus à s’occuper de tâches qu’on peut robotiser devient beaucoup plus utile pour son entreprise. »

La transition digitale dans notre pays reste relativement légère : peu d’entreprises possèdent des solutions faites sur mesure.

Digitaliser sans tuer l’emploi pour autant, c’est possible ?

R. S. : « Contrairement à une idée reçue, le but de la digitalisation n’est pas de faire baisser l’emploi. Elle permet au contraire de fournir du travail à des personnes ne disposant pas spécialement d’un diplôme universitaire ; elles pourront obtenir un poste très intéressant grâce à la maîtrise de certains outils digitaux. Ceci modifie aussi notre approche de la gestion des ressources humaines. Plus globalement, une entreprise qui s’inscrit dans la transition digitale se modernise à tous niveaux, ce qui représente un avantage considérable sur le marché. »

En général, les entreprises n’ont aucune idée de la manière de réaliser un cahier de charges par rapport à un projet d’application mobile.

Qu’en est-il du recours aux applications mobiles par les entreprises ?

R. S. : « Il est en croissance. L’activité de notre société est double. D’une part, développer des applications mobiles B2C qui constituent le business model de nos clients, un peu comme Spotify en musique. D’autre part, développer des outils numériques de gestion destinés aux travailleurs. Les entreprises belges, PME comprises, sont de plus en plus enclines à adopter ce type d’applications. »

Pouvez-vous citer des exemples ?

R. S. : « Nous travaillons par exemple avec une PME bruxelloise active dans l’immobilier ; elle est spécialisée dans la réalisation d’états des lieux et le nettoyage de biens en location. Au lieu de rédiger un état des lieux sur support papier, ses collaborateurs le font via une tablette ; les informations sont directement intégrées à un CRM conçu sur mesure. Autre exemple : un fournisseur de panneaux photovoltaïques dispose d’une application sur tablette qui lui permet de calculer ses devis, de générer des bons de commande que les clients peuvent signer directement sur la tablette, etc. Ce type d’application peut être lié directement au système de gestion de l’entreprise, ERP ou autre, et l’information est ainsi disponible de manière transversale pour toute l’entreprise. Cela facilite la collaboration en interne. »

Quels sont les pièges à éviter dans le développement de tels projets ?

R. S. : « En général, les entreprises n’ont aucune idée de la manière de réaliser un cahier de charges par rapport à un projet d’application mobile. Souvent, elles ont par exemple une idée qu’elles considèrent comme celle du siècle mais, en cours de réalisation, elles ajoutent des éléments et perdent peu à peu de vue l’idée initiale. Mieux vaut aussi commencer par un projet en MVP (Minimal Value Product) pour que ce produit réponde au minimum requis par ses utilisateurs. Par la suite, on peut éventuellement développer ce projet lorsque les utilisateurs ont commencé à s’y habituer. »

Il vaut donc mieux procéder pas à pas…

R. S. : « Exactement ! De manière plus générale, la digitalisation trop brutale d’une entreprise n’est pas une solution idéale. Il faut y aller petit à petit pour faire basculer les utilisateurs vers le digital. La première étape est de développer une application mobile. La deuxième est de l’utiliser. Si aucun employé ne l’utilise pour x ou y raisons, ça ne va pas ! Après avoir testé un produit durant plusieurs mois, on peut commencer à envisager ce qui doit être ajouté ou retiré en fonction des feedbacks des utilisateurs. » 

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