Alors que le débat sur la transition énergétique se focalise souvent sur l’électrification totale, Mathieu Baquet, Managing Director d’Antargaz Belgium, plaide pour une approche plus réaliste. Entre réduction drastique des émissions de CO2 et accessibilité financière, le biopropane s’impose entre autres comme une alternative immédiate pour les foyers non raccordés au gaz naturel.
Face à l’obsolescence programmée du mazout et aux coûts élevés des pompes à chaleur, une solution gagne en visibilité : le gaz propane en citerne et sa version renouvelable, le biopropane. Le propane est un gaz de pétrole liquéfié (GPL). S’il est d’origine fossile – extrait lors de la production de gaz naturel ou lors du raffinage du pétrole -, il est nettement plus propre que le mazout, n’émettant pratiquement aucune particule fine.
Pour ce qui est du biopropane, chimiquement, la molécule est strictement identique à celle du propane classique (C3H8). Comme le souligne Mathieu Baquet, la différence réside dans sa fabrication : « Il est produit à partir de biomasse, notamment de déchets organiques, de résidus de l’industrie agroalimentaire ou d’huiles végétales recyclées. Ce procédé de raffinage permet d’obtenir un carburant dont l’empreinte carbone est radicalement plus faible, tout en étant totalement substituable au gaz fossile sans modification technique. »
Si le propane classique réduit déjà les émissions de CO2 de 30 % par rapport au mazout, le biopropane, lui, atteint une baisse de près de 70 à 80 %.
Une alternative aux solutions idéales mais coûteuses
Pour l’administrateur délégué, l’enjeu est clair : proposer une solution qui allie performance écologique et faisabilité concrète. Car, oui, le biopropane répond à une problématique de terrain : « L’électrification et la pompe à chaleur sont mises en avant comme des solutions idéales. Elles nécessitent toutefois des moyens énormes et ne sont pas applicables directement dans une grande partie des ménages en raison des besoins d’isolation et de rénovation lourde. »
Le biopropane offre en outre un avantage compétitif majeur : il utilise les mêmes installations qu’une chaudière au gaz classique. « Un foyer chauffé au mazout peut ainsi passer au biopropane en changeant simplement de chaudière. Il n’est donc pas nécessaire de refaire toute l’installation de radiateurs ou d’investir dans une isolation thermique ultra-performante », complète notre interlocuteur.
Un impact environnemental immédiat
Côté performances environnementales, « si le propane classique réduit déjà les émissions de CO2 de 30 % par rapport au mazout, le biopropane, lui, atteint une baisse de près de 70 à 80 % », détaille Mathieu Baquet. L’entreprise ne prétend pas pour autant être l’unique réponse à la crise climatique, mais elle revendique sa place dans le mix énergétique : « L’enjeu n’est pas de viser une neutralité totale théorique à long terme, mais de proposer des solutions rapidement implémentables pour réduire les émissions dès aujourd’hui. Cette approche permet une transition graduelle, le consommateur pouvant même opter pour un mix énergétique alliant propane classique et biopropane. »
Pour Mathieu Baquet, l’avenir du secteur passera forcément par la sortie du tout au mazout, historiquement très présent en Belgique. « En replaçant la faisabilité financière et technique au centre du débat, Antargaz espère offrir une bouffée d’oxygène aux ménages hors réseau qui souhaitent s’engager dans la transition sans sacrifier leur confort ni leur épargne. Nous voulons recentrer le débat sur des solutions concrètes qui prennent en compte la diversité du parc immobilier et les contraintes financières des ménages. »
Filiale du groupe américain UGI Corporation, Antargaz Belgium s’appuie sur une structure solide pour couvrir le Benelux. Avec une centaine de collaborateurs pour l’entité commerciale belge et des filiales logistiques dédiées au transport et à l’embouteillage, l’entreprise maîtrise l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement.