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Transition énergétique

Voyager avec du kérosène vert

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Rendre le transport aérien plus durable est l’un des défi s de la transition énergétique les plus difficiles à relever. Alors que de nombreuses entreprises bien établies hésitent, la jeune société d’ingénierie belge Ionect saisit la balle au bond. Avec « eKeroBel », ils souhaitent devenir les premiers dans notre pays à produire du kérosène synthétique à partir d’électricité verte.

« Ionect a été fondée en 2024 en vue d’accélérer la commercialisation des innovations électrochimiques », explique le PDG Marijn Blommaert. « En tant que société d’ingénierie et promoteur de projets, nous mettons en relation des start-ups innovantes et concevons l’installation. En effet, la technologie n’est pas la principale difficulté ; le véritable défi consiste à mettre en place tout un écosystème de partenaires. »

La transition vers une aviation verte repose actuellement sur le SAF (sustainable aviation fuel) bio, produit à partir de flux de déchets biologiques tels que des graisses de friture usagées. Il s’agit d’une bonne étape intermédiaire, mais ce processus se heurte à une limite physique. «  Il n’y a tout simplement pas assez de résidus biologiques de ce type pour faire voler tous les avions », explique Marijn Blommaert.

La solution à long terme réside dans ce qu’on appelle l’e-SAF. «  Le grand avantage, c’est la capacité d’évolution illimitée. En soi, il ne faut que trois matières premières  : de l’électricité verte, de l’eau et du CO2. À partir d’eau et d’électricité, on produit de l’hydrogène, que l’on combine ensuite avec du dioxyde de carbone pour obtenir du kérosène synthétique. Le produit fi ni est même plus pur que les combustibles fossiles et permet de réduire les émissions de CO2 de 80 à 85 %. Cela ne nécessite aucune modification des moteurs ni des infrastructures de ravitaillement. »

Ionect travaille à la mise en place d’une installation pilote pour l’e-SAF à Charleroi. Les règles européennes soutiennent cette innovation, car Bruxelles imposera des quotas d’incorporation contraignants dans les années à venir. Les compagnies aériennes sont donc contraintes d’adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement, sous peine de se voir infliger de lourdes amendes. C’est pourquoi elles recherchent déjà activement leurs futurs fournisseurs.

« Nous souhaitons installer les premiers modules en 2028, afin d’être opérationnels d’ici 2030 et de couvrir 20 % de la demande locale obligatoire en SAF. » Toutefois, il reste quelques obstacles à surmonter. Aujourd’hui, l’e-SAF coûte cinq à huit fois plus cher que le kérosène classique et l’électricité verte est encore (trop) rare. « De plus, la question du financement reste un sujet sensible  : qui signera des contrats d’achat à long terme, et à quel prix ? », a déclaré le PDG. « Néanmoins, dès que la production tournera à plein régime, ce prix devrait baisser considérablement. »

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