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Wellbeing at work

Un nouvel outil pour simuler l’impact de la reprise du travail

Jobcalc permet aux personnes en incapacité de travail et aux personnes en situation de handicap d’estimer l’impact du travail sur leurs allocations et leurs revenus. Entretien avec Rudi Van Dam et Natascha Van Mechelen, respectivement Directeur Général Analyse et Monitoring et Conseillère au SPF Sécurité Sociale.

Tout d’abord, un constat: d’après les chiffres de l’INAMI, entre 2016 et 2021, une augmentation de plus de 46% du nombre de personnes en invalidité souffrant de burn-out ou de dépression de longue durée a été constatée.


Rudi Van Dam
Directeur Général Analyse et Monitoring au SPF Sécurité Sociale 

Rudi Van Dam : « Le nombre total de personnes en incapacité de travail, toutes causes confondues, est d’environ 500.000. Un chiffre d’autant plus impressionnant qu’il est supérieur au nombre de chômeurs. Certes, ce phénomène n’est pas unique à la Belgique, il se constate aussi au niveau européen, entre autres parce que la population européenne est vieillissante.

L’INAMI a organisé des enquêtes pour déterminer plus précisément les causes de ces incapacités de travail. En général, hormis celles liées au vieillissement de la population, on constate l’émergence de nouvelles maladies, telles que les troubles mentaux et musculo-squelettiques. »

Avec donc un impact sur la sécurité sociale. Toujours selon l’INAMI, en 2020, plus de 1,6milliard d’euros a été assumé par l’assurance indemnités pour des incapacités de travail de longue durée suite à une dépression ou un burn-out.

R. V. D. : « Un des grands défis pour l’avenir est précisément de garder une sécurité sociale viable et ce, d’autant plus qu’elle reste majoritairement financée par les cotisations sociales ordinaires des travailleurs et des employeurs. Si ces cotisations diminuent, le financement de la sécurité sociale s’en trouve forcément impactée dans la foulée. D’où notre volonté de mettre en place des actions pour accompagner dans cette démarche parfois complexe les personnes qui souhaitent (re)prendre le chemin du travail. Le travail qui constitue bien sûr aussi un canal important pour nouer des contacts sociaux et professionnels et donner du sens à son quotidien. »

Dans cette optique, Jobcalc appparaît comme un outil très pratique pour les personnes souhaitant (re)travailler après une période d’inactivité complète due à une maladie ou un handicap. En quoi consiste-t-il ?

Natascha Van Mechelen Conseillère au SPF Sécurité Sociale

Natascha Van Mechelen : « C’est un outil en ligne (voir QR Code), qui s’adresse aux personnes âgées de moins de 65 ans ne travaillant pas actuellement et qui perçoivent des indemnités de maladie ou des allocations pour personnes en situation de handicap. Jobcalc permet à ces personnes d’obtenir une estimation de l’impact du travail sur leurs indemnités ou leurs allocations, en fonction de leur situation personnelle et familiale. Que va-t-il se passer si je travaille un certain nombre de jours par semaine ? Puis-je cumuler une partie des allocations avec un salaire ? Face à toutes ces questions, Jobcalc vous procurera une simulation très utile, en établissant une comparaison entre votre situation actuelle et une situation future dans le cas d’un emploi. »

Consulter des conseillers spécialisés pour peaufiner l’analyse reste toutefois recommandé ?

N. V. M. : « En effet, car le fonctionnement de Jobcalc repose sur un modèle de simulation basé sur des situations générales. Il ne prend dès lors pas en compte toutes les situations spécifiques qui peuvent se présenter, dans notre législation du travail fort complexe. Ainsi, quelques avantages fiscaux, suppléments, composantes du revenu et allocations ne sont pas inclus. L’effet réel sur votre revenu peut dès lors différer de l’estimation de cet outil. Le droit aux prestations est parfois assorti de certaines conditions. D’où l’intérêt pour l’utilisateur de compléter cette première analyse avec l’aide de sa mutuelle ou de son CPAS. »

Le but de Jobcalc n’est donc pas de donner aux utilisateurs un chiffre exact, à un euro près ?

R. V. D. : « Non, mais bien de donner une première estimation permettant à l’utilisateur de savoir quelle direction prendre : emploi à plein temps, à temps partiel… et avec quel impact sur la situation financière. De nombreuses personnes désirant reprendre le chemin du travail hésitent souvent à le faire, de peur de se retrouver dans une situation plus précaire, de par la perte d’une partie de leurs allocations ou de la taxation du travail. L’objectif premier de Jobcalc est d’encourager les gens à oser franchir le pas vers une recherche d’emploi. »

N. V. M  : «  Jobcalc vient d’être lancé, et nous en faisons la promotion auprès des mutuelles, des CPAS et des conseillers spécialisés en la matière. En amont, les chefs de projet Tine Hu¤ens et Gineke Mampaey, du SPF Sécurité Sociale, ont aussi beaucoup œuvré à son accessibilité, en organisant des groupes-test d’utilisateurs, et en tenant compte de la norme WCAG (les règles pour l’accessibilité des contenus web), pour permettre, par exemple, à des malvoyants de se servir de l’outil. De quoi donner au plus grand nombre la possibilité d’y avoir accès. »

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